Ecriture Les interviews d'éditeurs

Autoédition : Franck nous délivre son expérience…

Bonjour à tous!

Pour compléter l’article sur l’autoédition, je vous propose de lire le témoignage de Franck, qui s’est lui-même auto-édité !

*Pourquoi as-tu choisi l’autoédition ?

    « Comme beaucoup d’auteurs j’ai eu l’occasion de rejoindre une petite ME à un moment donné de mon existence, mais ça ne s’est pas fait. Il y a de nombreuses petites ME qui fleurissent sur le net aujourd’hui. Mais, elles ne fournissent pas toutes, le travail rigoureux et professionnel qu’un auteur qui laisse une partie de ses royalties est en droit d’attendre. Certaines font un excellent travail, d’autres s’entourent de bénévoles et d’amis pour faire le boulot. Je trouve ça moyen. Le jour où je rejoins une ME, le service doit être réalisé par des professionnels.

            C’est donc par défaut que j’ai choisi l’autoédition et au final, je ne le regrette pas. Sur les forums, les pages facebook… on arrive à trouver des gens qui vous proposent avec le sourire la même qualité de service qu’une petite ME. Pourquoi m’amputer d’une partie des fruits de mon travail ?

            Après, je ne fais absolument pas le procès des petites ME, il y en a de très sérieuses et certains auteurs y trouvent leurs comptes, mais ce système ne convient pas à mon profil. »

*Comment t’y es-tu pris ?

    « J’ai commencé par déposer mes fictions sur Fyctia, Wattpad et Scribay. L’un des concours m’a permis de publier « les aventures d’Edgar Nelson » chez Librinova. J’ai été très surpris pas leur mode de fonctionnement. C’est la plateforme idéale pour se lancer dans une première édition ; l’accompagnement est personnalisé et de qualité.

             Ensuite, avec l’aide d’autres auteurs dans la même situation, je me suis lancé comme un grand et inscrit sur Createspace.com. C’est le modèle économique le plus avantageux : pas de fonds à avancer, outils d’aide en ligne, royalties intéressantes et l’accès a une très grosse boutique puisqu’il s’agit d’Amazon. Pour diffuser son livre, c’est ce qu’il se fait de mieux, à mon avis. »

*Comment se sont passés les différentes étapes de ton autoédition ?

         « Je me suis constitué un groupe d’auteurs qui ont la même exigence que moi (Geny H David, Suri Mi et Guillaume Sauvage) avec qui j’échange régulièrement. On est tous bêta lecteurs des uns et des autres et nos avis sont très importants avant la sortie d’un livre. On prend le temps de tout verrouiller. Les chapitres peuvent être réécris plusieurs fois intégralement pour satisfaire les autres membres. On essaye de ne rien laisser au hasard.

            Pour compléter notre équipe, nous avons intégré Sarah Auger que nous appelons affectueusement Coach parce qu’elle est présente à chaque étape de l’écriture d’un de nos livres et nous pousse à produire régulièrement du texte. Il lui arrive de nous menacer physiquement si nous ne travaillons pas assez vite. Elle pose et impose des deadlines à chacun et sait motiver les troupes. Je l’ai même intégré dans « Edgar et le trésor du capitaine Flint » à paraître vers avril-mai. C’est Sarah qui l’a annoncé avant de me consulter… j’ai plus le choix.

            En dehors de ce cercle intime, je fais appel à des bêta lecteurs, correcteurs pour une relecture complète. Je me limite à cinq personnes. C’est surtout l’orthographe qui me pose problème et pour lequel j’ai besoin d’aide. Pour Edgar, j’écris au passé simple, à la première personne du singulier et le ai ou ais m’emmerdent au plus haut point. »

*Quels sont les avantages et les désavantages de l’autoédition, selon toi ?

  « Les avantages sont nombreux tout comme les désavantages, mais si je devais me focaliser sur un de chaque, je dirai que la liberté est le moteur principal de l’autoédition (pas de contrainte de publication, relation en direct avec les lecteurs, pas de partage de royalties…). En revanche, cela oblige l’auteur à travailler sur autre chose que son œuvre (corrections, couverture, diffusion, publicité…). Chacun a sa propre personnalité et ce qui convient à l’un ne convient pas à l’autre. »

*Comment t’y prends-tu pour faire ta publicité ?

    « C’est mon gros point faible, je n’ai aucune notion en marketing et je me fis uniquement au bouche-à-oreille. Résultat, les ventes ne sont pas forcément au rendez-vous malgré des retours positifs. C’est aussi un choix. »

*Tout de même… aimerais-tu être publié par une grande maison d’édition ?

      « Si l’occasion se présente, oui. Sans hésiter. »

*Quel est le coût de l’autoédition ? Est-ce que cela rapporte ? 

« Je ne parle que de mon expérience :

            -> Librinova a un package d’entrée à 75€, je crois. Ils s’occupent de diffuser votre Epub sur toutes les plateformes numériques. A voir directement avec eux, ils ont un site bien foutu et du personnel qui assure.

            -> Createspace : C’est la plateforme de diffusion la plus économique car il n’y a aucun frais à avancer. Amazon ne prend sa part qu’à la vente. Pour un numérique vous récupérez 70% du prix. Pour un livre papier, c’est variable d’une fiction à l’autre. Il faut compter les frais d’impression et la livraison en plus. En gros, ça tourne autour de 2€ pour un livre de 10€, ce qui est plus que correct (20% de royalties). A titre de comparaison, je connais un auteur à qui l’on proposait de baisser ses 13% à 8% dans une petite ME. »

*Pour finir, Franck souhaitait nous parler d’un label, Indépend’encre. Mais qu’est-ce ? 

 « Indépend’encre est un label qui a vu le jour en décembre 2017. Son objectif est de répondre aux auteurs qui ont fait le choix, par conviction, de sortir leur fiction en autoédition. Trouver un professionnel de l’orthographe, de la mise en page ou de la création d’une couverture originale n’est pas une chose facile. Indépend’Encre met en relation auteurs et professionnels en freelance pour répondre à la demande. Le label n’est aucunement rémunéré, les prix sont fixés entre l’auteur et le professionnel.

            A la fin du processus et après validation par un comité anonyme, le livre se voit décerner le label Indépend’encre qui garantit à tous les lecteurs que le livre a été relu, corrigé… Le but est de redonner du crédit aux auteurs auto-édités.  

            Bien évidemment, tous les auteurs n’ont pas besoin des mêmes services et un livre peut être présenté sans avoir besoin de correcteurs… Dans ce cas, l’association demande 5€ pour aider à entretenir le label. Nous insistons sur le fait que nous ne réalisons pas de publicité (en dehors notre page facebook) ni de promotion. L’auteur reste libre d’exploiter son œuvre comme il le souhaite et que nous ne demandons aucune royalties.

            Vous pouvez demander à rejoindre la page Facebook https://www.facebook.com/groups/124774921640655/, nous serons heureux de vous aider. Il n’est pas nécessaire d’être auteur ; la curiosité et l’envie de trouver des ouvrages de qualités sont de bonnes raisons pour venir. »

Merci à Franck pour son témoignage ! N’hésitez pas à lui poser des questions par le biais de commentaires 😉 !

De mon côté, je vous dis à très bientôt. Portez-vous bien ! 

Clémence.

Clémence
<p>Rédactrice et administratrice du blog.</p> <p>Une amoureuse des livres, au service d'autres amoureux des lettres !</p>
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