Le numérique
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Le numérique

Nous avons vu ensemble cinq grands acteurs de la chaîne du livre. Il en existe une foule d’autres, parmi lesquels, le comité de lecture, les correcteurs, les bêta-lecteurs, les maquettistes et autres graphistes. Chacun est un élément indispensable à la vie d’un livre et nous y reviendrons peut-être à l’avenir. Sachez cependant que ces personnes sont en général sous la direction de la maison d’édition, dans le cas d’un éditeur à compte d’éditeur, tout du moins.

Aujourd’hui, je voulais revenir sur le livre numérique. Depuis quelques années, on nous promet la mort du papier et force est de constater que ce n’est toujours pas le cas. Pourtant, selon les dernières études (GFK 2018), en 2017, le nombre de livres numériques vendus a augmenté de 9% et représente, en volume, environ 3% des 350 millions de livres vendus. En 5 ans (entre 2012 et 2017), le nombre de lecteurs d’e-book a été multiplié par quatre, selon le syndicat national de l’édition.

Voyons ensemble les différences entre les livres papiers et les livres électroniques dans notre chaîne désormais bien connue du livre.

 

L’auteur

S’il y a bien une personne pour qui on serait tenté de penser que livre numérique ou papier, c’est pareil, il s’agit de l’auteur. En effet, que ce soit pour le mettre sur papier ou sur une liseuse, l’auteur va raconter la même histoire et l’écrire sur son traitement de texte favori. N’est-ce pas ?

Oui… et non. Car aujourd’hui, la grande faiblesse du livre numérique (en France pour le moins) c’est de ne pas tirer profit des avantages offerts par le format. Car le livre numérique permet de nombreuses innovations en matière de lecture et d’approche du média livre. N’oublions pas qu’à la base, un livre numérique n’est rien d’autre qu’un site web condensé dans un petit fichier lisible un peu partout et en particulier sur les tablettes et les liseuses électroniques. Il est donc tout à fait possible d’intégrer des images (ce qu’on peut déjà faire avec le papier), mais aussi, des liens internes ou externes, des animations, des vidéos ou des sons. Si cela n’a pas toujours été simple, le standard Epub3 qui date de 2011, le permet assez aisément.

L’auteur pourrait donc imaginer son scénario et sa trame en prenant tout cela en compte et transformant son livre en une véritable œuvre multimédia. Pourtant, cela est assez rare. Les livres numériques sont, la plupart du temps, une simple adaptation de la version papier, sans le moindre ajout. Il y a eu cependant quelques essais de livres réellement interactifs, en particulier dans la jeunesse. Bien souvent des livres jeux.

 

L’éditeur

Les éditeurs historiquement papiers sont presque tous passés au numérique à présent et propose donc des adaptations de leurs titres en e-book. Malheureusement, alors que l’on s’imaginait que le prix du numérique serait bien plus bas, la plupart des éditeurs n’appliquent qu’une réduction de 20%, ce qui correspond, à peu de choses près, à la part de l’impression plus une petite partie de la distribution. Ainsi, le calcul de l’éditeur serait (notez le conditionnel) de considérer que tous les autres frais sont les mêmes. Ce qui fait que, en théorie, les marges de chaque partie sont identiques. Mais il existe bien souvent des différences entre la théorie et la pratique, n’est-ce pas ?

Par exemple, est-il incroyable de penser que lorsque la personne chargée de la correction du manuscrit final rend son travail, elle ne le facturera qu’une fois pour la version numérique ET papier ? N’est-il pas exact également que les bêta lecteurs et le graphiste qui a travaillé sur la couverture ne fourniront pas non plus le double de travail ? Quant à la personne chargée de la mise en page, il est bien possible qu’elle travaille effectivement sur deux mises en page, cependant, les deux se font en général en parallèle et ne prennent donc pas deux fois plus de temps sur un nouveau titre. L’adaptation d’anciens titres étant un tout autre débat.

 

Diffusion et distribution

Nous qui savons ce qu’est un distributeur pouvons aisément comprendre que le coût de stockage et de transport d’un fichier de moins d’un Méga-octet est considérablement réduit par rapport au stockage et au transport de centaines d’exemplaires d’un livre de 300 pages. Il y aurait donc, là encore de belles économies à faire. Même si maintenir une salle serveur en état de fonctionnement demande du budget, les distributeurs de livres numériques devraient pouvoir économiser sur les mètres carrés, le chauffage, le diesel, les camions, les chauffeurs, etc… D’autant que la technologie permet de stocker de très grandes quantités de données facilement. Amusons-nous un instant :

Le site Mashable nous rapporte que Google aurait estimé à près de 130 millions, le nombre de livres imprimés depuis le début de l’imprimerie. En prenant pour moyenne un fichier Epub à 1Mo (ce qui est déjà un gros livre ou avec beaucoup d’images), il faudrait une petite dizaine de disques durs pour contenir tous les livres. On est encore assez loin des data-center de Google. S’il est évident qu’il faudra tout de même un minimum de sécurité informatique et donc doubler, voire tripler, le stockage nécessaire, il est cependant inutile de prévoir un hangar à avion pour cela.

Quant à la diffusion, la plupart des librairies en ligne proposant également des livres papiers, là encore, il est illusoire de penser que le travail aura été fait deux fois.

 

Revendeur

Notez que je passe délibérément sur l’imprimeur puisqu’il n’est pas question ici de papier. Nous allons donc directement vers le revendeur. Lui aussi garde une réduction du prix sensiblement identique. Si les revendeurs en ligne n’ont pas besoin de surface de vente, ils doivent cependant stocker les livres numériques, eux aussi. Pour les libraires physiques, proposant des livres numériques, ils louent parfois des appareils pour le libre-service. Reste qu’il est difficile de comprendre pourquoi un libraire en ligne demande jusqu’à 35% de remise sur un fichier numérique.

 

Conclusion

Il est assez courant que l’auteur, à l’origine du livre, ne touche pas un meilleur pourcentage sur le montant du livre numérique puisque la plupart des autres marges sont restées identiques. Lorsque les marges et réductions changent, c’est bien souvent au bénéfice de la maison d’édition. Lorsqu’un livre n’est disponible qu’au format numérique, cela peut paraître défendable. En revanche, pour une version numérique produite en même temps que la version papier, on aurait tendance à penser que c’est une injustice de plus faite à l’auteur. Voilà pourquoi de plus en plus d’auteurs se tournent vers l’auto-édition numérique. Ce sera notre thème pour le prochain article.

 

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Dario

Wpacademy
<p>La wattpad academy est un collectif bien intentionné sévissant sur... Wattpad, dans le but d'aider les auteurs à progresser et découvrir le monde du livre. Nos articles sont principalement rédigés par Dario, mais parfois aussi par d'autres membres de l'équipe ;)</p>
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