Lecture Les interviews d'auteurs

Rencontre avec F.V. Estyer

Bonjour à tous !

Tout juste quitter une terrasse parisienne, le sourire sur les lèvres, le soleil dans le dos, c’est toujours agréable. Aujourd’hui, je retrouvais mon auteur de romance homosexuelle (MM) préféré, Fred, la première qui m’a fait découvrir de véritables pépites dont je suis incapable de me débarrasser. Pour vous, elle a accepté de répondre à quelques questions.


 

Tout d’abord, je tenais à te remercier. Est-ce que tu peux te présenter pour nos lecteurs ?

Alors, j’ai trente-deux ans, bientôt trente-trois, et j’habite en région parisienne avec mon mari et mon chat. Auteur depuis quelques temps, j’ai choisi d’écrire sur les relations entre hommes parce que déjà, j’aime les hommes ! Quand il y en a un, c’est bien, mais quand il y en a deux, c’est encore mieux. C’est un fantasme aussi, le côté viril, la bestialité, la force, la violence parfois. Je trouve ça hyper sexy (et sexuel). Et surtout, ça permet d’aborder des sujets importants, parfois tabou, qu’on ne pourrait pas aborder autrement.

 

♠ Aujourd’hui auteur de quelques livres, quel est ton parcours littéraire ? Est-ce qu’il est facile de conjuguer écriture et vie personnelle ?

Concernant mon parcours littéraire, j’écrivais beaucoup petite. Puis, ça s’est arrêté pendant une très longue période (toute mon adolescence et jusqu’à environ vingt-cinq ans) parce que je passais ma vie avec mes potes. Et puis un jour, à l’occasion d’un concours, j’ai décidé de me lancer (en écrivant une histoire vraiment mauvaise, une histoire d’hybride en prise avec des anges et des démons, mais je suis en train de la retravailler pour la retransformer en MM !). Pendant plusieurs années, j’ai posté mes histoires sur un forum d’écriture, jusqu’en 2016 où j’ai décidé de sauter le pas et de tenter l’autoédition.

Pour ce qui est de conjuguer vie personnelle et écriture, je dirais que certains jours sont plus faciles que d’autres ! En général, j’arrive assez à me débrouiller, je bosse la journée et j’écris le soir, mais c’est vrai que parfois, la fatigue, la flemme, l’envie de rester à ne rien faire d’autre qu’à bouquiner, c’est plus fort que tout. Et puis, je ne suis pas très productive, ni très régulière, j’écris par période, parfois jusqu’à tard dans la nuit (ou tôt le matin !) mais je peux rester des jours (voire des semaines…) sans toucher à aucun de mes récits.

 

♠ J’ai discuté avec de nombreuses personnes qui s’avèrent troublées qu’une femme puisse écrire ces romances… Qu’est-ce que tu penses de leurs réactions ? Est-ce qu’il est plus difficile de toucher un lectorat ?

Pourtant, ça ne choque personne de voir des hommes écrire du point de vue des femmes ! C’est toujours quelque chose que j’ai eu du mal à comprendre, et surtout, ça ne va souvent que dans un sens. Un homme qui écrit sur les femmes, ça ne pose aucun problème, une femme qui écrit sur un homme, tout le monde trouve ça louche !

Le lectorat est clairement plus compliqué à atteindre que dans la littérature MF. Les romans MM et LGBT en général sont encore une niche, même si de plus en plus de monde saute le pas, ce qui est vraiment chouette. Mais certains restent encore frileux à l’idée de découvrir ce genre (ou peut-être qu’ils ont peur de devenir accro !!). Heureusement, c’est une tendance qui se démocratise petit à petit, grâce à certaines maisons d’édition qui offre plus de visibilité et je ne désespère pas de trouver un jour plusieurs récits MM au milieu de tout le reste !

 

♠ Tu touches des sujets assez sensibles, comme la prostitution, le refoulement de l’orientation sexuelle, etc. L’un de tes derniers romans, Blessures Muettes, paru en 2017 chez MxM Bookmark, traite justement du handicap. Est-ce que tu pourrais nous le présenter ? Est-ce que ce sont des sujets qui te tiennent à cœur ?

Alors, oui. Blessures Muettes relate les aventures de Noah, un jeune homme muet, et Hayden, qui, suite à un accident, se retrouve avec le visage salement amoché. Voisins de palier, ils vont apprendre à se connaître, se découvrir, et s’épauler, s’aider à surmonter les épreuves. Elle traite des différences, du regard des autres, de celui qu’on a de soi, de l’acceptation, des difficultés qu’on peut avoir lorsqu’on sort du « cadre », du deuil, des relations toxiques, de la famille… Bref, pas mal de sujets finalement.

Oui, ce sont des sujets qui me tiennent à cœur, et surtout, j’aime explorer différents horizons. D’ailleurs, une saga est en préparation avec de nombreux thèmes différents (les relations toxiques, la différence d’âge, la différence sociale, le monde du sport universitaire, les conflits familiaux, l’inceste…)

 

♠ Tu es passée par l’autoédition ainsi que par des maisons d’éditions. Est-ce que tu as une préférence pour l’un deux ? Quelques-uns de nos lecteurs sont intéressés, des conseils à donner ?

Chacun a ses avantages et ses inconvénients. De mon côté, j’ai un peu fonctionné à l’envers, je me suis lancé dans l’autoédition sans jamais avoir envoyé de manuscrit à une maison d’édition. Avec le recul, je crois que je ne pourrais pas choisir. La maison d’édition permet de se décharger de pas mal de boulot, d’être plus « zen », il permet de toucher un public plus large aussi, je pense, mais j’aime aussi l’autoédition. Même si c’est plus compliqué, nous sommes les seuls maîtres à bord, on ne dépend de personne, et c’est carrément agréable.

Pour les conseils, je crois que ça dépend vraiment des gens. Comme je disais, il y a des pour et des contre dans les deux cas. Moi, je me plais dans les deux, et je continuerai à sortir des récits autoédités, et d’autres en maison d’édition !

 

♠ Tu as publié quatre livres cette année, est-ce que tu vas t’arrêter là, ou est-ce que tu as d’autres projets en tête ?

Oui c’est vrai, mais au final, je n’en ai écrit qu’un seul ! Le texte de Blessures Muettes date de 2015, et Rebel Love est une réédition. Quant à Slayer, l’histoire date de 2013. Au final, il n’y a que Dark Skies qui est vraiment nouveau.

J’ai des tonnes de projets (trop !!) mais j’ai dû faire des choix. Cette année sera consacrée à l’écriture de 3 récits (Une romance contemporaine, un Romantic Suspens, et un Young Adult), et éventuellement le premier tome de ma saga pour la toute fin d’année.

 

♠ Bien ! Assez parlé de livres et de mots, raconte-moi quel est ton péché mignon, le plus inavouable, bien sûr.

Le porno gay ? 🙂

 

♠ Pour finir, un mot à dire ?

Merci !!!!! <3

 

 


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Nikosia

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