Lecture Les interviews d'auteurs

Rencontre avec Alexia Deafly

Salut !

Aujourd’hui, j’accueille Alexia Deafly, un auteur que j’ai découvert il y a maintenant presque un an, lors du concours Nuit Blanche sur la plateforme d’écriture Fyctia. Finaliste et coup de cœur du concours en juin dernier, son premier roman Mutine a été publié aux Editions Blanche en février 2018. Quelques mois plus tard, elle se livre à nous.

 


 

 

~ Alexia, merci de ta présence. Tu veux bien te présenter ?

Et bien, j’ai trente-cinq ans, je suis une maman de quatre enfants, lectrice boulimique et accro au sport.

 

~ Parlons-un peu de ton parcours littéraire. Quand et pourquoi as-tu commencé à écrire ?

J’ai toujours eu besoin d’écrire mes ressentis : journal intime, poèmes… D’aussi loin que je me souvienne. Pourquoi ? Parce que je ne voulais pas les exprimer à mes proches, à mes amis…

 

~ Tu es tout juste publiée. Un hasard, un travail ou un rêve ?

Non, je n’aurais jamais envoyé mes textes à une maison d’édition. L’échange possible grâce à la plateforme Fyctia m’apportait déjà tellement que j’étais satisfaite. Ce n’est pas pour rien que j’ai publié les fins de mes histoires précédentes : je ne me voyais pas laisser des lectrices frustrées 😀 !

 

~ Qu’est-ce que ça te fait d’être aux Editions Blanche ?

J’ai du mal à réaliser, encore aujourd’hui. Je suis très reconnaissante vis-à-vis des lecteurs et de leurs retours, de mon éditeur, mon attaché de presse et tout le reste de l’équipe qui ont permis que cela soit possible.

 

~ En mars dernier, tu as participé à ton premier salon du livre. Comment est-ce que tu t’es sentie ? Excitée ou effrayée ?

Nauséeuse. Très stressée. Les lectrices ont été adorables et ont su me mettre à l’aise, ça m’a beaucoup émue d’écouter tous leurs ressentis. J’avais peur que les lecteurs ne comprennent pas ce que je voulais faire passer, donc j’étais surtout effrayée.

 

~ Mutine est un roman érotique, et l’érotisme est parfois un sujet tabou pour l’entourage. Est-ce que toute ta famille est au courant ?

Alors, j’ai mis beaucoup de temps à avouer que j’écrivais… On l’a même fait pour moi ! Ils m’ont lu, et les réactions étaient positives. Et puis, cela leur donnait une bonne occasion de me faire rougir.

 

~ Pourquoi avoir mis du temps à avouer que tu écrivais ?

Je ne suis pas quelqu’un qui me dévoile facilement, même avec mes proches. Je suis extrêmement timide et mal à l’aise avec les personnes que je ne connais pas depuis longtemps. J’ai le même groupe d’amis depuis plus de 15 ans – 20 ans pour certains, et même à eux, il est difficile de me livrer.

 

~ Alexia, tu as plusieurs enfants. Une grande famille. Qu’est-ce que le quotidien d’une maman comme toi ? Est-ce que tu as toujours voulu une grande famille ?

J’ai quatre enfants, de presque quatre ans à presque quatorze ans. C’est beaucoup d’organisation mais j’ai la chance qu’ils soient très débrouillards et proches les uns des autres. Ils s’entraident et m’aident beaucoup. J’ai toujours voulu une grande famille et quand je les vois les uns avec les autres, je ne regrette pas.

 

~ Tu as écrit avec ta fille sur Fyctia. Tu veux nous en parler ?

Oui ! Cela a été une chouette expérience, et ma fille m’a étonnée dans sa manière d’organiser son récit, ses personnages. Elle est encore plus structurée que moi. Elle compte la finir en solo cet été, l’école, ses activités extrascolaires et ses lectures ne lui laissant pas assez de temps.

 

~ Elle a participé au concours Populaire. Qu’avez-vous écrit ?

C’est surtout elle qui a écrit. Je l’ai aidé pour les tournures de phrases, le maniement de la plateforme et quelques pistes. Son histoire, c’était Le Château du Lac, un récit en grande partie autobiographique.

 

~ Et toi ? Un nouveau projet après Mutine ?

Oui, trop. J’aimerais retravailler mes récits finis. J’ai plusieurs histoires commencées, plusieurs autres en tête. Et me connaissant, d’autres viendront bousculer mon programme… J’ai beaucoup de projets en vue mais je me laisse aller dans le courant. Cependant, j’écrirai encore sûrement sur les plateformes car j’ai besoin de cette pression et des retours pour écrire régulièrement.

 

~ Tu te dis lectrice boulimique. Combien de livres lis-tu en moyenne ?

Je lis environ trois livres par semaine, et cela peut aller jusqu’à sept. Il y en a tellement, surtout là avec les sorties des « coéquipiers de Fyctia », récits que j’ai tous appréciés avec une préférence pour Identity de Myjany.

 

~ Tu m’impressionnes ! Autant de livres en une semaine ! Avec quatre enfants, tout le travail d’une maman, tu arrives à te dégager du temps ?

Je travaille de sept heures à dix-huit heures, sauf le mercredi. Je suis accueillante d’enfants, assistante maternelle comme on dit en France. A mon compte. Et je termine pour reprendre institutrice maternelle à la rentrée. Mais j’ai souvent une à deux heures de pause l’après-midi ; mes enfants dorment tôt et je dors peu. Puis, mes trois grands lisent tous, donc le week-end, c’est souvent un moment lecture – surtout quand il fait mauvais.

 

~ Quels sont tes trois derniers coups de cœur ?

Mes trois coups de cœur sont « Outlander », « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan et « La Servante Ecarlate » de Margaret Atwood.

 

~ Pour toi, quels sont les ingrédients d’un bon livre ?

Je dois ressentir de l’empathie pour les personnages, avoir l’impression de vivre et ressentir ce qu’ils vivent. Ne pas pouvoir m’arrêter et être comblée mais en même temps frustrée quand je tourne la dernière page. Que l’histoire continue à me trotter en tête après l’avoir terminée.

 

~ J’ai souvenir d’une danse dans Mutine, d’un passage avec un dôme, des casques et de la musique. Qu’est-ce qui t’inspire dans la musique ? En écoutes-tu en écrivant ? Qu’est-ce que tu adores écouter mais qui n’est pas du tout compatible avec l’écriture ?

Oui, tu te souviens bien pour les casques ! Je peux rarement écrire dans musique, sans bruits. Les paroles en lien avec ce que j’écris m’aident mais j’écoute aussi beaucoup de classiques ou de versions instrumentales. Lorsque j’écris un passage triste, il m’arrive de contrecarrer en écoutant du rock ou inversement. Mais je crois que toutes les mélodies sont compatibles avec l’écriture, même celle de ma bande qui joue.

 

~ Et d’ailleurs… Pourquoi l’histoire de Mutine ? Pourquoi la communauté des sourds ?

Le thème du concours Nuits Blanches m’a tout de suite fait penser à un club, et je voulais changer du tenancier mafieux lol. C’est comme ça que le personnage de Mutine s’est insinué petit à petit ! La communauté des sourds, c’est parce que je suis dans un cursus pour apprendre la langue des signes depuis deux ans et demi.

 

~ Du coup, tu es une lectrice boulimique, et un auteur bousculé par tous ses projets. Tu as une routine de lecture ou d’écriture ?

Oui. De la musique, un verre de vin blanc ou un café (selon l’heures), des M&M’s, cacahuètes et mon chat qui me surveille.

 

~ Pour finir :

     – Thé ou café ?

     Café.

         – Alcool fort ou alcool doux ?

     Alcool doux.

     – Mer ou montagne ?

     Montagne.

     – Jupe ou jean ?

     Jean.

     – Talon ou converse ?

     Talon.

          – Salé ou sucré ?

     Salé.

      – Chocolat ou bonbon ?

     Chocolat.

     – Noir ou blanc ?

     Noir.

     – Une musique donc tu ne te lasseras jamais ?

     Clair de lune, de Debussy.

     – Ton péché mignon ?

     M&M’s et vin blanc.

 

~ Un petit mot à dire avant de partir ?

Merci. A toi pour le temps que tu m’as consacré, et pas seulement pour l’interview. A mes lecteurs, à la team « Fyctia Forever », à ceux qui ont vogué vers d’autres mers et qui ont continué à me soutenir. A tous ceux qui ont rendu cette aventure possible. Et carpe diem.

 


 

Alexia, merci <3.

 


 

Pour retrouver Mutine, une histoire que je recommande.

 « Dissimulée derrière son masque de soie, la mystérieuse Mutine, propriétaire avec son mari du club  » The Silence « , permet aux clients de l’Alcôve de réaliser leurs fantasmes les plus secrets et les plus inavouables. Passée maître dans l’art de la double vie, Mutine jongle parfaitement entre son rôle de mère, son poste à responsabilité le jour et ce rôle d’hôtesse des plaisirs la nuit. Mais à la mort de l’homme de sa vie, cet équilibre parfait vole en éclats. Mutine va devoir apprendre à surmonter son deuil et à se reconstruire malgré le manque de l’être aimé. Pour cela, elle pourra compter sur son meilleur ami bisexuel : Manu. Grâce à son humour, son affection et une bonne dose d’audace, il va permettre à son amie d’ouvrir les yeux sur celle qu’elle est réellement. »

 


 

Nikosia

 

 

Back To Top