Lecture Les interviews d'auteurs

Rencontre avec Aurélia Vernet

 

Bonjour chers lecteurs. A l’occasion de la sortie de son premier roman« Juste une photo de nous », chez Stories by Fyctia, j’ai pu contacter l’écrivaine, pour évoquer avec elle, le sens donné à son œuvre . Je vous propose de découvrir l’auteure du roman , Aurélia Vernet.

 

≈ Bonjour Aurélia, alors tout d’abord la question pertinente et essentielle pour nous chers curieux lecteurs. Peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours personnel ? Quand as-tu commencé à t’intéresser à l’écriture ?

« Bonjour, Feiza ! Alors que dire ? Je suis une trentenaire (presque) dynamique, maman de deux adorables gremlins. Je vis dans le sud de la France et je suis particulièrement attachée à mes racines. Je suis une passionnée de lecture depuis… toujours, je crois ! A partir du moment où j’ai su lire, j’ai toujours eu un bouquin à portée de main. J’ai toujours adoré passer du temps dans les bibliothèques, que ce soit pour le plaisir ou, plus tard, pour les études. Durant mon adolescence, j’ai fait des tentatives d’écriture. J’écrivais quelques lignes, quelques paragraphes, quelques pages, parfois, puis je jetais tout. Non seulement je n’étais pas satisfaite de mon travail, mais en plus j’avais trop peur que quelqu’un tombe dessus. Alors tout finissait en confettis. Et oui, je vous parle d’un temps où les ados  n’avaient pas d’ordinateur, ni de smartphone et encore moins de tablette. Le premier qui dit que je suis vieille, je le tape !  »

Qui sont tes premiers lecteurs ?

« Ma bêta-lectrice, Laurie. Je l’ai rencontrée sur la plateforme Fyctia et, depuis, elle est celle à qui je parle de mes idées en premier, celle qui lit mes chapitres en avant-première. Et aussi celle qui m’empêche de partir dans tous les sens quand des histoires complètement barrées me passent par la tête LOL. Bref, j’ai une bêta en or et je la garde !   »

 Dans le genre de la romance, certains auteurs mettent en scène des histoires d’amour généralement autour d’un bad boy et d’une jeune fille naïve, un schéma classique. Néanmoins, tu as fais un choix complètement aux antipodes. Pourquoi ?

« J’ai toujours aimé la romance. Bien avant la déferlante 50 nuances de Grey et ce qu’on englobe dans la romance New adult. J’aime les histoires authentiques, celles qui me font vibrer, rêver, avec des personnages forts auxquels je peux m’identifier. Alors, oui, j’ai lu 50 nuances, j’ai lu d’autres romans avec des bad boys, des milliardaires, des vierges effarouchées et étroites (mais toujours humides LOL), et j’en ai apprécié quelques-uns (même si, pour être honnête, la féministe en moi a parfois grincé des dents). Certains auteurs utilisent ce genre de héros et les mettent en scène avec talent, en cassant parfois les codes, en donnant de l’épaisseur à leurs personnages. Pour Juste une photo de nous, j’ai voulu m’éloigner de ces codes, faire une histoire qui me ressemble, avec des héros réalistes (du moins, je l’espère) et surtout qui donnent une image positive du couple, de la femme et de l’homme. Une héroïne forte, qui assume ses choix, quels qu’ils soient ; un héros qui n’a pas peur de ses sentiments, qui n’a pas peur de les montrer aux yeux de tous, loin des injonctions à une certaine vision de la virilité ; et une conception du couple où les deux partenaires sont à égalité. »

Pour Emma (l’héroïne), la photographie est son refuge, sa vocation, ce qui la fait vibrer. Que représente l’écriture pour toi ?

« C’est une sorte d’échappatoire.  Un moyen de m’évader et de canaliser toutes les idées (parfois saugrenues #Sausagemeforever) qui me passent par la tête. Je m’amuse vraiment quand j’écris.»

 

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≈ Comment est né ton roman Juste une photo de toi ?

« Après avoir participé au concours Dark attraction sur Fyctia l’été dernier, j’ai eu envie de légèreté, de sentiments purs et vrais. Une histoire d’amour et de serments éternels. Puis je suis tombée par hasard sur la photo d’un acteur sud-américain qui m’a tout de suite inspirée le personnage de Noé jeune. C’est étrange à dire comme ça, mais cette photo m’a sauté aux yeux et Noé est né dans mon esprit. Petit à petit, l’histoire de Noé et Emma a germé. Au début, je n’avais qu’une vague idée puis le concours Fyctia (N)ever a été annoncé et tout s’est mis en place dans ma tête. Je voulais raconter l’histoire de deux âmes sœurs à qui tout souriait, qui s’étaient promis l’éternité et qui, contre toute attente, se sont déchirés et séparés. Montrer comment le « toujours » s’était transformé en « jamais ». Emma et Noé s’aiment depuis l’enfance, ils n’imaginent pas leur vie l’un sans l’autre, pourtant, du jour au lendemain, Emma va tout plaquer et briser le cœur de Noé sans lui donner d’explications. Pendant dix ans, Emma ne vit que pour son métier, Noé, lui, a énormément de mal à se reconstruire, du moins jusqu’à sa rencontre avec Julie. Quand les circonstances les amènent à se revoir, ils vont devoir affronter leur passé et leurs sentiments. »

Pour prendre une photo, Emma a un lieu, une scène en tête, et la développe. Elle établit ensuite les cadrages, les prises de vue, les couleurs, peaufine les détails. C’est pareil pour l’écriture de ton roman ? Savais-tu déjà les thèmes et une idée du style que tu voulais aborder ? Ou bien cela a été porté par l’inspiration du moment ?

« J’avais une idée du thème, comme je te l’ai dit, je savais plus ou moins où je voulais aller. Mais pour le reste, je suis en freestyle complet ! Je suis très peu organisée. Je débute une histoire, portée par l’inspiration du moment. Pour Juste une photo de nous, j’avais une photo de départ du personnage masculin (comme quoi c’était déjà un signe LOL) et une idée du type d’histoire que je voulais. Je savais que je voulais alterner les points de vue et les séquences passé/présent. Ce n’est que vers la fin que je fais un rapide plan des chapitres. Avant ça, j’ai une idée, je commence à écrire, d’autres idées émergent et ainsi de suite (Pour être honnête, même avec un plan, je pars souvent en impro LOL). »

≈ Je trouve qu’une des grandes réussites de ton livre est la fluidité, la douceur de l’écriture et son récit bien rythmé et débordant de sincérité, notamment grâce aux phrases courtes et comportant peu d’adverbes. Est-ce que ce découpage était spontané ou bien l’as-tu volontairement travaillé ainsi ?

« Déjà merci beaucoup ! Le découpage était de base dicté par ma volonté d’alterner les points de vue et la temporalité. C’est le seul impératif que je me suis fixée. Mais je voulais que tout ait une cohérence. Chaque chapitre d’Emma fait écho à celui de Noé et vice versa, et les chapitres au présent ont un lien avec celui au passé qui est intercalé. Je voulais un lien entre passé et présent, entre Noé et Emma, un peu comme une métaphore du lien qui les unit malgré tout. »

Comment fais-tu pour ne pas rendre ton roman cliché aux yeux des lecteurs ?

« J’espère qu’il n’apparaît pas cliché aux yeux des lecteurs ! Après, je me dis que les clichés des uns ne sont pas les clichés des autres ; c’est subjectif. Mais, dans tous les cas, j’ai essayé de faire quelque chose de sincère, quelque chose que j’aurais aimé lire et donc loin des clichés qui me font grincer des dents LOL. J’ai voulu des personnages réalistes, « vrais », une histoire qui peut toucher tout le monde. Je pense que les situations qu’ils vivent (les bonnes comme les mauvaises) peuvent parler à chacun de nous. »

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées ?

« Une des principales difficultés a été de ne pas donner une image trop négative d’Emma. Je voulais que malgré tout le mal qu’elle a pu faire, le lecteur parvienne à s’attacher à elle. »

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Quelles sont tes sources d’inspiration ? Les auteurs qui t’ont influencée ? Les livres, les musiques ou les films qui t’ont guidée ?

« La musique m’inspire énormément. J’ai une playlist longue comme le bras qui m’a accompagnée pendant toute l’écriture de ce roman. Ed Sheeran en tête de liste, évidement. Pas forcément les paroles, parfois juste la mélodie. La vie quotidienne aussi m’inspire beaucoup, un paysage (le village de Noé et Emma est inspiré d’un village pas très loin de chez moi où je suis allée cet été). Je ne sais pas si certains auteurs m’ont inspirée ou influencée mais je garde toujours en mémoire un livre que j’ai dû lire une vingtaine de fois (si ce n’est plus ! lol) Et l’aube vient après la nuit, de Barbara Wood. J’aimerais pouvoir écrire une histoire avec un personnage féminin aussi fort.»

Je trouve que ton récit est parsemé de mélodies et rempli de poésie. Ton choix de la photographie n’est pas anodin. Je me suis demandée ce que représentait la photographie : un moyen d’exprimer le plus profond de soi avec autant de rage que de douceur, de canaliser et d’extérioriser ses pensées en capturant une scène, une émotion. Des éléments qui rendent l’intrigue captivante, vraie et touchante. Penses-tu qu’elle puisse être une bonne thérapie au même titre que l’écriture ?  La photographie est-elle l’inspiration d’un rêve personnel ?

« Je pense effectivement que la photographie peut être une forme de thérapie. Un moyen de se retrouver seul avec soi-même et aussi de capturer une émotion, un instant, un souvenir. Comme pour arrêter le temps. Et maintenant que tu le dis, c’est vrai que, gamine, j’ai longtemps voulu être photographe ! »

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Si on pénètre aussi facilement dans ton histoire, c’est grâce à la proximité que l’on a avec les personnages, et tous sans exception. C’est très humain. On est happé par cette déferlante d’émotions jusqu’à en devenir fou. C’est un aspect très prononcé dans ton œuvre, et je pense que c’est ce qui va toucher et émouvoir les lecteurs. On vit leurs sentiments, leurs quotidiens. Comment arrives-tu à donner autant de force et de vie à tes personnages, à réussir à faire passer toute une psychologie alors que c’est une tâche des plus difficiles pour un auteur ?

 « Je suis ravie d’être parvenue à faire passer toutes ces émotions ! Je ne sais pas trop. J’ai tenté de me mettre à la place de chacun de mes personnages, de me demander ce que je ferais si c’était moi. Je pense que j’ai essayé d’être sincère et que c’est peut-être cette sincérité qui a pu toucher les lecteurs. »

Tu racontes une histoire d’amour contemporaine, loin des clichés romantiques et très proche d’une certaine réalité. Tu prends le temps de poser les bases de leur relation en alternant le passé et le présent, ce qui a d’ailleurs suscité davantage ma curiosité et mon addiction à ton histoire. Noé et Emma ont deux caractères bien différents et pourtant ils sont tous les deux de grands romantiques. Il y a une vraie alchimie entre eux, un vrai amour pur et sincère. Etait-il important pour toi de garder cette authenticité et cette sincérité dans ton récit ?

« Oui, pour moi c’était essentiel de préserver une certaine authenticité et de la sincérité. Je voulais montrer que leurs différences faisaient aussi leur force, que leur amour s’était construit année après année, qu’il avait grandi et mûri en même temps qu’eux en fait !»

Un autre point fort, qui fait je pense ton originalité aussi, c’est cette facilité de décrire les voyages de d’Emma de manière touchante et sincère. Tu personnifies les paysages pour nous faire entrer davantage dans la tête de ton héroïne, dans son quotidien tout en nous laissant la liberté de nous y plonger personnellement et de pouvoir vivre nos propres sensations et émotions. C’était important pour toi de nous faire voyager dans ton récit ?

« J’aime les histoires qui me font rêver, celles qui me font voyager depuis mon canapé. J’ai essayé de vendre un peu de rêve à mon petit niveau. Les voyages, cette vie de nomade dans un certain sens, est essentielle pour Emma. Il était important pour moi de le faire ressortir et de montrer aux lecteurs de quoi était fait son quotidien. »

Tu as choisi d’écrire Juste une photo de nous de deux  points de vue différents, un personnage masculin et un personnage féminin. Dans quelles pensées te sentais-tu le plus à l’aise ? Et dans lequel il t’était plus facile d’écrire ?

«Mmmmmhhhhh… J’ai envie de dire que ça dépendait des moments. Mais peut-être que Noé est le personnage avec lequel je me sentais le plus à l’aise. J’avoue que j’ai un faible pour les points de vue masculin de manière générale. »

Mais ton histoire se différencie des autres puisque le livre nous fait voyager dans le temps, entre le passé et le présent, sans pour autant s’y perdre. Etait-il difficile d’écrire une histoire d’amour avant et après le drame ? Pourquoi avoir fait ce choix ?

« Je voulais laisser planer un certain suspense sur les raisons du silence et du départ d’Emma. Et surtout, je voulais montrer comment leur amour s’était construit, comment Noé et Emma étaient avant la rupture. Cela donne les clés pour interpréter leurs réactions dans le présent et cela permet aussi de mieux les comprendre et de s’attacher à eux.»

Parmi tous tes personnages, à qui te rapportes-tu le plus et pourquoi ?

« Je pense que Noé est le personnage qui tient le plus de moi. Emma est le personnage que j’admire le plus de par son courage et sa ténacité. Mais j’ai une tendresse particulière pour Léo, le meilleur ami de Noé. Ce n’est qu’un personnage secondaire mais je m’y suis irrémédiablement attachée. Il m’a permis d’apporter un peu de légèreté à l’histoire et il est plus complexe qu’il n’y paraît.»

 

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Dans ton livre, tu mets en lumière des sujets assez tabous en évoquant l’avortement, l’infertilité, mais aussi l’homosexualité de l’un des personnages. Est-ce un moyen pour toi de montrer que ses « imprévus » ne sont en rien des obstacles à la vie de famille, au bonheur, à l’amour ? 

« Ce sont des sujets de société parfois délicats et je voulais, en les intégrant à mon histoire, que l’on cesse de les voir comme des tabous, justement. Ils font partie de la vie. L’amour, le vrai, peut aller au-delà des obstacles, quels qu’ils soient. »

Quand tu as écrit ton manuscrit, as-tu pensé à un message que tu souhaitais transmettre aux lecteurs ?

« J’ai juste voulu raconter une jolie histoire mais aussi montrer que l’amour, la vie de couple, la vie de famille ne correspondent pas toujours à un modèle imposé. Que le bonheur peut prendre différentes formes et qu’il est toujours accessible, malgré les surprises que la vie réserve parfois.»

 

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Juste une photo de nous est sorti il y a quelques mois, qu’est-ce que tu as pu ressentir lors de sa publication et sur les retours que tu as pu avoir ?

« Beaucoup de stress ! LOL Mais aussi un peu de fierté d’être allée au bout de cette histoire. Ce qui m’a le plus touchée, ce sont les retours des lecteurs. Je crois que je suis toujours autant émue à chaque fois qu’un lecteur me dit avoir aimé mon livre ! »

Quels conseils peux-tu donner aux apprentis écrivains ?

« De croire en ses rêves, déjà. Je leur dirais aussi de prendre du plaisir en écrivant. Et de persévérer. Parfois, l’inspiration fait une pause, ce n’est pas grave. On se détend, on ne se met pas la pression et ça reviendra quand ça reviendra ! »

Ton roman est un hymne à l’amour et aux difficultés que peuvent connaître deux amants. Peut-on espérer de même entre Léo et Zoé ?

« Hé hé … Je ne sais pas … Faut dire qu’il y a tellement de femmes qui tournent autour de Léo ! Je pense que pour le savoir, il faut lire Wild&Free sur Wattpad ! lol»

Si tu devais choisir une chanson, parmi ceux de ta playlist pour te définir, tu choisirais laquelle ?

« Je vais choisir une chanson à la fois pour me définir et pour illustrer Juste une photo de nous, si tu le permets Ce sera Thinking out loud, d’Ed Sheeran.»

Veux-tu ajouter quelque chose pour la fin ?

« J’ai déjà dit pas mal (trop ?) de choses, non ? Blague à part, un énorme merci à toi pour cette interview, un énorme merci à tous les lecteurs qui m’ont encouragée depuis le début, qui m’ont poussée à persévérer et à croire en moi. Un énorme merci aussi à ceux qui ont découvert Juste une photo de nous récemment et à ceux qui le feront bientôt !»

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Question bonus :

J’ai pu remarquer que durant la réécriture de ton texte que tu avais aussi changer le titre de ton roman. Quelle est la raison de ce choix ?

« Je n’étais pas satisfaite du titre de départ, pas assez percutant. J’y ai donc réfléchi avec ma super bêta et après la réécriture Juste une photo de nous  s’est imposé comme une évidence. Pour le clin d’œil au métier d’Emma, pour l’histoire et pour la symbolique. Comme une espèce de fil rouge. »

 

Un immense merci à Aurélia Vernet d’avoir bien voulu répondre à mes questions. J’ai passé un très bon  moment avec cette auteure au grand cœur. J’espère que cette interview vous a plu et vous a donné envie de lire « Juste une photo de nous ». Si vous souhaitez être tenus au courant des projets en cours de l’auteure et d’en savoir plus sur elle, je vous invite à découvrir sa page Aurélia V sur Facebook et ses réseaux :                         

 Instagram : aurelia_vernet_

Feiza S

 

FeizaS
<p>Rédactrice et administratrice du blog.</p> <p>Passionnée de tout et de rien, mon esprit vagabonde au fil de mes lectures.</p>
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