Lecture Les interviews d'auteurs

Rencontre avec Alexiane Thill

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, on se retrouve pour une nouvelle rencontre littéraire. Je vous invite à faire la connaissance d’une auteure à la plume magnifique, Alexiane Thill. 

 


*Pour commencer, il est de rigueur de te présenter à nos lecteurs. Alors qui es-tu Alexiane ?

« Je suis une jeune maman de vingt-quatre ans, qui a la chance de pouvoir travailler depuis son domicile. J’ai toujours rêvé de m’adonner au métier d’écrivain et c’est aujourd’hui possible. Je m’y consacre entièrement ainsi qu’à l’éducation de mon tout jeune fils.

Sans surprise, je respire à travers la plume. J’ai un besoin vital d’écrire. Mais je suis aussi très gourmande de lectures ; je suis d’ailleurs chroniqueuse et gère mon propre blog. Autre hobby : les jeux vidéos. J’en raffole, même si je n’ai plus beaucoup de temps pour un tel loisir. Ils stimulent mon imagination et me permettent de me détendre quand j’en ai bien besoin. »

 
 

*Visiblement, les jeux vidéos ont la cote, ce n’est pas la première fois que j’interviewe une auteure ayant ce même hobby !  J’aimerais en découvrir davantage sur Alexiane, l’écrivaine.

  • Quand as-tu commencé à écrire ? Comment t’es venue cette passion ?

« J’ai commencé concrètement à écrire des histoires avec un début et une fin aux alentours de dix/onze ans. Avant, je bredouillais quelques mots sur du papier, imprimant une scène sur l’instant. Mais la première histoire que j’ai écrite tournait autour de la mythologie grecque, j’étais passionnée à l’époque. S’en est suivie une autre petite histoire qui s’est inspirée de la guerre des Trois Royaumes (Wei, Shu, Wu). C’était très mauvais… mais j’ai adoré l’exercice et, de fil en aiguille, j’écrivais tous les jours dans le recoin de ma chambre. Le jour où je les ai fait lire pour la première fois à quelques petits camarades, j’ai été stupéfaite par leur engouement. Je me suis dit qu’un jour, peut-être que je ferai autant plaisir à de parfaits inconnus.
Je lisais déjà beaucoup. »

« C’est la lecture qui m’a donné envie d’écrire. »

 

  • Cet amour de l’écriture est donc arrivé depuis quelques temps. Pour quoi et pourquoi écrire ? 😉

« C’est une véritable catharsis. Je le faisais par pur plaisir à la préadolescence et plus les années se sont écoulées, plus je suis entrée dans la fameuse phase « fuck the world » de l’ado en pleine crise et incomprise. J’en avais besoin pour me sentir mieux, créer un univers dans lequel je pouvais m’évader et fuir la réalité. Mettre en scène des personnages qui me correspondaient, qui étaient un peu de moi et à la fois ceux auprès de qui je me sentais bien.

Je suis quelqu’un de très renfermé et d’introverti : l’écriture est le seul moyen que j’ai trouvé pour m’exprimer, pour émettre des mots en silence. J’ai évolué, toujours avec le rêve en tête de vivre du métier d’auteur, souhaitant petit à petit embarquer avec moi des lecteurs sensibles à mes univers et à mes histoires. Rares sont ceux qui réalisent cet objectif, ce projet de vie. J’ai eu un sursaut de culot et de fierté : je veux prouver que je le peux. Que l’on a pas besoin de poussière de fée pour réaliser ses jolis rêves. »

 

  • Quelle volonté ! Et, quels sont tes rituels d’écriture ? 

« J’ai mon planning à côté de moi, avec tous mes objectifs à remplir chaque jour de la semaine. Il me recentre. Un petit café ou un thé me réveille quand je me laisse un peu dériver, l’œil dans le vague, ahah ! Je ne mange jamais quand j’écris ; je perds trop de temps à amener la cuillerée ou le gâteau à mes lèvres ! Un casque sur les oreilles avec la musique à fond quand je n’ai personne à surveiller (ou sur qui veiller.) Et une fenêtre Messenger ouverte avec mes bêtas-lectrices qui me suivent depuis le début des MacCoy avec qui je peux discuter en cas de pépin ou juste pour me changer les idées quand je bloque. »

 

  • Tu as des bêtas, alors ? Est-ce que tu peux nous parler un peu d’elles ?

« Bien sûr ! Elles sont deux. Sarah et Luna. Je les nomme avec plaisir. Elles ne m’ont jamais lâché depuis le concours « Dark Attraction » auquel j’ai participé avec les MacCoy. L’une déteste la romance et l’autre est un véritable bout-en-train qui sait piquer là où ça fait mal pour perfectionner le récit. J’ai auprès de moi une équipe de choc ; elles sont devenues de véritables amies dont je ne peux plus me passer. Autrices elles aussi, nous nous aidons et soutenons mutuellement dans nos projets : bêtas, corrections, relectures, avis… J’ai beaucoup de chance de pouvoir compter sur elles, qu’importe mes projets d’écriture. J’ai appris grâce à elles. »

 

  • C’est super ça ! Est-ce que tu penses que sans elles, tu serais là ?

« Aussi loin ? C’est difficile à dire. Je pense que je n’aurais pas autant évolué sans elles, et n’aurais pas su me remettre en question. Ce que je sais, c’est qu’elles m’ont remonté les bretelles plus d’une fois pour me redonner la hargne, m’encourager à persévérer et à donner le meilleur de moi-même. Je pense que je devrais plutôt me demander si je serais celle que je suis, en tant que femme, aujourd’hui sans elles : je ne crois pas. »

 

  • Eh bien si ce n’est pas de la déclaration d’amitié, je ne sais pas ce que c’est ;). Tu es l’auteure des MacCoy ! Mais as-tu écrit d’autres récits ? 

« Oui, j’ai écrit plusieurs romans… qui sont dans mes tiroirs ! Je n’ai jamais osé les envoyer à qui que ce soit. Les MacCoy est le premier roman « aux yeux du monde. » Hormis mon cercle très proche (et qui en a envie), je suis très pudique quant à mes écrits. Ce n’est que depuis un an ou deux que j’ai passé le cap : oser faire lire à de parfaits inconnus. Mon dada, c’est la fantasy. Le médiéval-fantastique, surtout. J’ai une saga complète qui attend d’être retravaillée et, cette fois, je compte bien embarquer avec elle sur les flots de l’édition, quelle qu’elle soit. J’ai aussi un scénario pour un jeu vidéo en cours de production. Le récit de base est parti en final du concours Thriller VSD 2018 (Fyctia), mais n’a pas été retenu comme grand gagnant. Je n’en étais pas surprise. Il était destiné à autre chose ! »

 

  • Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire ?

« Tout ! Absolument tout. C’est difficile à expliquer. Ce peut être une musique aléatoire qui me donne le déclic, la scène d’un film qui me fait crier : « MAIS C’EST BIEN SÛR ! » ou une femme qui passe dans la rue avec une expression particulière. Un roman. Une série. Un jeu vidéo ! Je suis une véritable éponge. J’emmagasine tout, fais le tri et retranscris au gré de mon imagination. »

 

  • Alors est-ce que tu multiplies les aventures ? Les expériences pour doper ton imagination ?

« Curieusement, pas tant. Après avoir vadrouillé à droite à gauche depuis toute petite en raison du métier de mon papa, j’ai perdu le goût de l’aventure. C’est très curieux ! Je suis devenue très casanière. Mais je pense que c’est une des raisons qui fait que je me nourris énormément dès que je suis de sortie, dès que je visite un endroit, respire un air particulier… Je suis plus à l’écoute, je ne sais pas trop. Je pense que la suite de ma réponse divisera les avis, mais mon ressenti est que de chez moi, j’ai l’impression de tout de même voir le monde et de m’en inspirer. »

 
 

*J’ai adoré redécouvrir les MacCoy.

  • Peux-tu présenter ce livre à nos lecteurs qui ne le connaîtrait pas ? De quoi parle-t-il ?

« Les MacCoy est une romance contemporaine se déroulant en Ecosse, en assumant le parti que les Clans existent toujours et gouvernent dans l’ombre.

Phèdre, franco-écossaise, débarque à Édimbourg afin de respecter les dernières volontés de son père décédé il y a peu et fuir un danger. Elle est engagée au sein d’un club assez sélect en tant que femme de ménage, ce qui lui convient tout à fait, ne souhaitant pas se faire remarquer par qui que ce soit. Malheureusement, par un enchaînement de circonstances, elle se retrouve sous la coupe d’un Chef de Clan : Caleb MacCoy qui décide de faire d’elle sa Pupille.
La jeune femme se retrouve embarquée dans des histoires politiques et sanglantes, où il est fort possible que le rôle qu’elle tient change la destinée de l’Ecosse moderne.

Secrets, non-dits, trahisons, romance, un tout petit peu d’érotisme, du kilt et de la cornemuse, les traditions ancestrales se heurtent au monde contemporain. »

« C’est une saga entre sept et neuf tomes, donc plutôt longue. Mais les opus ne concerneront pas tous les mêmes personnages. Le fil rouge reste néanmoins le même. »

 

  • Pourquoi plonger l’Ecosse entre modernité et tradition ? 

« J’ai lu beaucoup de romans historiques avec pour contexte l’Ecosse ou une intrigue qui tourne avec le voyage dans le temps (on ne présente plus Outlander…), mais jusqu’à ce jour, je ne suis jamais tombée sur un livre qui se prêtait à ce jeu-là : et si c’était l’époque féodale qui transvasait dans celui du XXIème siècle, qu’est-ce que ça pourrait donner ? Je ne voulais pas faire un énième « Les Visiteurs » ! Mais j’ai songé à tous ces peuples encore bien ancrés dans leurs traditions, leurs mœurs… et qui font parfois polémiques.
Après un essai infructueux qui n’avait aucun sens, l’idée des MacCoy a germé, encouragée par ma fascination pour ce pays et son histoire. »

 

  • Les descriptions et le fond sont très réalistes. Je me suis demandée justement où tu avais fait tes recherches et si tu n’avais pas voyagé en Ecosse. 

« Je vais en décevoir beaucoup, mais je ne suis jamais allée en Ecosse ! Pour le plaisir, j’ai fait beaucoup de recherches sur ce pays depuis le collège, d’abord timidement, puis s’est allé en s’accroissant. J’ai dévoré les documentaires, les livres en tous genres, les articles, les vidéos, les films, tout ce qui me tombait sous la main. J’ai même un dictionnaire de gaélique écossais sur mon bureau.

Je voyagerai bientôt en Ecosse, c’est prévu ! »

 

  • Ah oui ?! j’étais persuadée que tu connaissais le pays 😉 ! Eh bien chapeau, ça prouve que tu as su faire les recherches nécessaires 🙂. Tu m’as dit que tout t’inspirait mais est-ce que quelque chose de particulier t’a inspiré pour ce livre ?

« Tu vas rire, mais c’est un shojo qui a été le déclencheur ! Un manga qui relate l’histoire d’une jeune fille recueillie par son grand-père, un chef Yakuza. Il m’a fait beaucoup rire et, à la fois, j’ai adoré ce principe de hiérarchie et de fonctionnement clanique.
J’ai commencé une histoire pour le plaisir avec une héroïne qui « tape dans l’œil » d’un chef de gang répondant à ce même principe – une sorte de yakuza occidental, revisité à ma sauce.
Mais plus j’avançais, plus je me rendais compte que je me laissais influencer inconsciemment par l’Ecosse et les Highlanders.
J’ai jeté le premier jet sans queue ni tête et, plus tard, j’ai commencé les MacCoy. »

 
 

*Et maintenant tu en es là ! Les MacCoy sont publiés par les éditions la Condamine 🙂. Comment en es-tu arrivée à cette publication ?

« Exact ! J’ai participé à un concours New Romance avec pour thème : « Dark Attraction » sur la plateforme d’écriture Fyctia. […] J’ai terminé quatrième, ce qui m’a conduite en finale et… je n’ai pas gagné ! Mais Les MacCoy ont été le coup de cœur d’une des éditrices qui m’a proposé de travailler avec eux malgré tout. Et voilà ! On m’a offert une chance inespérée. »

 

  • Est-ce que tu penses que sans le coup de pouce de Fyctia, les MacCoy auraient été publiés ?

« Aucune idée !
Je pense que j’aurais auto-édité cette histoire, par contre. Mais quant à savoir si une maison d’édition aurait été intéressée… mystère ! »

 

  • Comment as-tu été reçue par l’équipe ?

« Mon premier contact a été avec mon éditrice pour m’annoncer la nouvelle. Je n’ai traité qu’avec elle. J’ai attendu quelques semaines avant un second appel pour les retours généraux. […] Elle m’a poussée dans mes retranchements pour être certaine que je sais ce que je souhaite raconter et où aller.
Une fois les retours généraux transmis, on aborde la première phase éditoriale qu’est la réécriture : seule, je retravaille le manuscrit de A à Z en suivant les conseils et remarques que l’on m’a donné. […]
S’ensuit le véritable travail éditorial avec un suivi quotidien : corrections de fond au jour le jour, échanges réguliers avec mon éditrice… […] c’était une super expérience. Très enrichissante et qui, là encore, m’a appris une belle leçon d’humilité : il faut accepter les critiques, encaisser, réfléchir, accorder son violon pour s’améliorer. »

« J’ai pu poser toutes mes questions, même toutes bêtes, et recevoir les réponses rapidement. Mon éditrice m’a tenu la main pour me rassurer et me guider. Elle a fait un super travail. »

 

  • Ah ah c’est normal ! Le tome deux est en préparation j’imagine, que nous prépares-tu ?

« Oulah ! Beaucoup d’émotions, j’espère ! J’ai fait pleurer mes Bêtas, c’est déjà une victoire personnelle ! Une a voulu me trucider… Depuis, je vis dans un bunker en Alaska. Pour être sûre.

J’espère beaucoup émouvoir les lecteurs, leur transmettre tout ce que je souhaite à propos de Phèdre et de Caleb. L’intrigue se densifie aussi un peu plus et l’action est au rendez-vous. Un petit crescendo qui fera pulser l’adrénaline (je vais croiser les doigts pour que ça marche !) Je prépare aussi le terrain pour le troisième opus ; quelques petits secrets mis en relief. Des protagonistes qui s’affirment et de nouvelles rencontres.
Caleb aura sa propre voix, cette fois-ci. 🙂 »

 

  • Intéressant ! D’ailleurs… quel est ton passage préféré dans le tome un ? 🙂

« Quand ils chantent tous sur l’île d’Inchkeith , accompagnés des cornemuses. J’ai eu beaucoup d’émotions durant l’écriture, avec l’hymne au maximum dans les oreillers. La symbolique est très forte quand on connaît l’histoire de mes personnages, mais aussi celle de l’Ecosse. »

 
 

*Très beau moment, en effet. Alors j’ai fait le tour de mes questions, mais si tu as des petites choses à dire à nos lecteurs, je te laisse la parole libre 🙂

« Les classiques remerciements, je crois ! Je tiens à remercier tous ceux qui ont lu ce premier roman qui me tient particulièrement à cœur, ceux qui ont donné leurs avis quels qu’ils soient sur les réseaux et les différents sites ; ce petit geste aide grandement les auteurs ! Ceux qui m’accompagnent depuis le début, pour leur bienveillance et leurs encouragements. Un merci aux chroniqueurs et blogueurs qui offrent une chance aux écrivains de se faire un petit peu connaître…
A mon éditrice, pour m’avoir offert cette chance incroyable.
A Sarah et Luna, les MacCactus (* petit clin d’oeil *) pour leur patience, leur dévouement et leur amitié si précieuse.

Je vous embrasse tous très, très fort (en kilt, bien sûr)

Et merci à toi pour cette interview et pour avoir lu la version finale des MacCoy 🙂 »

 
 

Merci à Alexiane pour s’être prêtée au jeu de l’interview ! J’ai passé un bon moment à ses côtés, j’espère que vous aussi !

A demain pour découvrir ma critique des MacCoy, et d’ici là, portez-vous bien !

Clémence.

Clémence
<p>Rédactrice et administratrice du blog.</p> <p>Une amoureuse des livres, au service d'autres amoureux des lettres !</p>
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