Lecture Les interviews d'auteurs

Rencontre avec, Cyril Carrere

A l’occasion de la sortie de son deuxième roman « Grand froid » Cyril Carrere, auteur talentueux et passionné d’écriture, a eu la gentillesse de répondre à mes questions lors d’une interview. Une surprenante découverte littéraire qui m’a donné envie d’en savoir plus sur cet auteur prometteur et créatif, mais aussi sur les mystères dont regorgent ses deux premiers romans.

 

~ Bonjour Cyril, alors tout d’abord la question pertinente et essentielle pour nous chers curieux lecteurs. Peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours personnel ? Quand as-tu commencé à t’intéresser à l’écriture ?

Bonjour et merci pour cette interview ! Côté perso, j’ai 35 ans et je vis à Tokyo depuis le début de l’année. Je bosse ici en tant que chef de projet développement software , dans les secteurs scientifique et informatique, et je peaufine mon japonais en vue du JLPT (équivalent du TOEIC pour l’anglais) que je passe dans…10 jours maintenant !

J’ai toujours écrit, aussi loin que je me souvienne. Dès le primaire. Je lisais beaucoup et j’imaginais déjà pas mal d’histoires d’enfants de mon âge. 😊 Mais je n’ai jamais partagé quoi que ce soit pendant longtemps, avant de découvrir la plateforme Fyctia, fin 2016.

Le Cyril normal est un gros gros fan de sport (foot, basket, tennis, un peu tout en fait). Il va y avoir la coupe du monde de rugby en 2019 puis les Jeux Olympiques en 2020 au Japon, j’ai trop hâte !
Sinon j’aime les voyages, les nouvelles technologies. Je suis servi ici.
Et ce qui compte le plus pour moi est ma famille et mes amis proches. Je suis quelqu’un de très terre à terre. ☺

 

Qui sont tes premiers lecteurs ?

Ce sont les « fyctiens », ceux inscrits sur la plateforme, justement. J’ai partagé avec eux un premier écrit, Greyworld, une dystopie mêlant EMC (expérience de mort imminente), attentats et enquêtes dans plusieurs pays en simultané.

 

Justement parlons de Fyctia. Pendant l’un de leurs concours, tu as pu accéder à la finale avec ton premier roman Le Glas de l’innocence. De plus, lors du prestigieux concours VSD-Michel Bussi 2018 ton second roman Grand Froid, qui sortira fin novembre, a connu un succès sur la même plateforme jusqu’à se hisser en finale. Comment as-tu vécu ces expériences ?

C’est vrai. Le Glas de l’innocence s’appelait The Evil Society. Il s’est hissé en finale du concours parrainé par B.A. PARIS, à l’automne 2017. J’ai été très surpris d’ailleurs, tant le cadre de cette histoire était atypique. Mais c’est peut-être ce qui en faisait la force.

Depuis, le titre a changé, mais pas seulement : j’ai réécrit la très grosse majorité de cette histoire au printemps 2018, ici au Japon, y ajoutant un pan entier d’intrigue. Okinawa entre 1993 et 1996, des éléments culturels (festivals, cadre scolaire japonais…), en retirant d’autres aspects, en travaillant davantage les personnages et en « assombrissant » l’intrigue principale. C’est un texte que j’invite tous ceux qui ont lu The Evil Society à découvrir, vous allez être surpris !

Au dernier trimestre 2017, soit juste après le premier concours perdu, j’ai participé au concours VSD-Michel Bussi 2018 avec Grand Froid. Une histoire que j’ai adoré écrire et qui a vraiment très bien marché pendant le concours. Jamais je n’aurais pensé réunir autant de votes ! Le concours s’est très bien passé pour ma part, même si tout le monde était un peu tendu par l’enjeu, je pense. Ecrire à un rythme très soutenu, avec ces conditions, alors que je préparais mon déménagement au Japon a été une sacrée période ! Mais au final j’ai beaucoup progressé.

Grand Froid s’est qualifié en première position avec non seulement le plus grand nombre de votes, mais aussi le plus grand nombre de commentaires – ces derniers m’ont donné l’énergie nécessaire pour aller jusqu’au bout de l’aventure, je remercie donc tous ceux qui ont suivi ce récit tout au long du concours ! D’ailleurs, depuis la fin du concours, je vois toujours des gens aller lire Grand Froid sur Fyctia et me laisser des messages.😊

J’ai perdu en finale, mais ce n’est pas grave, l’essentiel est d’avoir progressé et d’avoir un second manuscrit en main – c’est bien grâce à cela que j’ai trouvé une maison d’édition par la suite.

 

~ On peut dire que le thriller te réussit plutôt bien mais n’as-tu jamais penser à élargir tes horizons ?

Merci pour cette question, car je me la pose aussi très souvent ! 😊

J’adore le thriller et construire des intrigues sous forme de puzzle. Ça correspond à ma façon d’écrire et je ne me voyais pas écrire autre chose. Mais qui sait, dans le futur, je m’essaierai peut-être à d’autres genres, tout en y conservant une part de thriller, un univers alternatif par exemple.

 

~ Je remarque que pour la parution de tes deux livres tu as fais le choix d’éditer sous deux maisons d’édition différentes. Pourquoi ce choix ? 😉

C’est exact. Le Lys Bleu a accepté Le Glas de l’innocence au mois de mars, il me semble, alors que je commençais tout juste à reprendre l’histoire pour « me faire la main » après quelques temps sans écrire. J’ai donc travaillé sur la version finale du Glas de l’Innocence tout en cherchant une maison d’édition qui me correspondrait pour Grand Froid. La raison étant que GF me tient particulièrement à cœur et que je voulais une maison d’édition proche de ses auteurs que ne l’est le Lys bleu, qui compte une bonne centaine d’auteurs.

Quand j’ai découvert les éditions Nouvelle Bibliothèque (ENB), une ME à taille humaine, son directeur (Fréderic Frère) son équipe, compétente, dynamique, ambitieuse et proche de ses auteurs, je n’ai pas hésité une seule seconde !

Donc au final ce n’est pas un choix à proprement parler, disons que les choses se sont articulées ainsi.

 

~ Quand on débute dans l’écriture il est parfois effrayant de se lancer dans le grand bain de l’édition ^^. J’aimerais savoir ce que tu as pensé de ton experience ?

Ça, c’est bien vrai ! Disons que ça n’a pas été de tout repos 😊. Pour le Glas de l’innocence, nous avons eu des soucis lors de la distribution sur les plateformes de vente en ligne, avec la couverture puis le résumé. Puis des soucis de stock et de disponibilité pour la version brochée. Beaucoup de commandes ont été annulées sans raison apparente. Le lancement a donc (pour moi) été manqué, ce qui est dommage, mais ce sont aussi les aléas de l’édition. Quoi qu’il en soit, ça m’a permis d’apprendre un peu comment tout cela fonctionnait, ce qui sera utile pour la suite.

J’ai bossé la couverture avec Jimmy Danny et Luna Joice, qui ne te sont pas inconnus je pense, puisqu’ils sont aussi issus de Fyctia 😊! D’ailleurs, je les remercie encore pour cette superbe couverture qui colle parfaitement avec l’idée que je m’en faisais ! La mise en page a été réalisée par l’équipe éditoriale du Lys Bleu, donc je n’ai pas eu la main dessus.

Pour Grand Froid, j’ai travaillé la couverture avec Brian Merrant, un graphiste génial. Il n’y a pas d’autres mots. Pour la mise en page, c’est l’équipe édito d’ENB qui s’y est collée. J’ai hâte de découvrir le résultat final et de tenir ce roman entre mes mains !

 ~ C’est comme tenir ton bébé entre les mains, mais celui-ci ne risque pas de te vomir dessus ^^. Le Gas de l’innocence est très imprégné par la culture japonaise. Qu’est-ce qui t’attire tant dans ce pays ?

Pour le Glas de l’innocence, oui, l’intrigue s’y déroule et on plonge en immersion complète dans le quotidien de ce pays que je connais bien. J’y ai voyagé pour la première fois en 2008, et je suis revenu chaque année avant de m’y installer. C’est un pays calme, où le service passe avant tout, exit les grèves, les trains en retard par exemple. La culture y est très différente de la nôtre, et c’est peut-être ça qui m’attire, avec…. La nourriture, mais je ne vais pas m’attarder dessus, sinon l’interview ne finira jamais ! 😁

Grand Froid est lui bien différent puisque l’intrigue a lieu essentiellement en France : elle démarre du côté de Nantes…

 

~ Tu vis désormais au Japon, penses-tu traduire ton récit en japonais et pourquoi pas le publier là-bas ?

Oui, c’est ce que je souhaite pour le Glas. C’est une histoire qui respecte les codes du polar japonais d’ailleurs : j’y ai veillé en me renseignant sur place tout au long de ma réécriture. J’aimerais le traduire et le publier ici, ce serait génial !

 


 

Parlons de ton deuxième roman, comment est né Grand Froid ? De quoi parle-t-il ?

Grand Froid est une intrigue complexe née d’une toute petite idée et de pas mal de recherches. Il parle de la course vers la vérité du protagoniste principal (Lucas) pour qui tout va basculer en l’espace de quelques jours. Lorsque sa mère perd la vie, il est loin de se douter de tout ce qui l’attend, et ça va à cent à l’heure ! Difficile d’en dire plus sans spoiler, donc je vais m’en tenir là…

 

~ Les curieux devront donc lire le livre 😏. Quelles sont tes sources d’inspiration ? Les auteurs qui t’ont influencé ? Les livres, les musiques ou les films qui t’ont guidé ?

J’aime (j’adore) Maxime Chattam. C’est mon auteur préféré ☺. La trilogie du Mal est ma référence. J’aime sa façon d’écrire, c’est lui qui m’a donné envie de me lancer, moi aussi. En plus, il est capable d’écrire dans d’autres genres. Par exemple, la série Autre Monde.

Côté inspiration, c’est donc lui, et bien sûr Stephen King. Comment ne pas citer mémoires d’un métier, pour l’écriture ?.

J’écris rarement en musique, mais ça m’arrive parfois, pour mieux plonger dans mon univers. Grand Froid a été écrit avec des OST de Hans Zimmer, Max Richter, entre autres.

 

~ Ton écriture est parlante, vivante et dévorante. Grand Froid fait preuve d’une grande qualité stylistique par son vocabulaire riche, son récit rythmé, sa lecture fluide. La tension et les émotions qui se dégagent, montrent que tu sais manier l’art du thriller. Entre toutes ces enquêtes et ces suppositions arrives-tu à garder une ligne directrice. Comment travailles-tu cela ?

Merci ! Ça me fait plaisir de lire ça ! J’essaie de faire au mieux… Pour ce qui est de la ligne directice, j’ai en tête des points d’ancrage par lesquels je veux passer. Mais il n’est pas rare que ça change en cours de route, parce que j’ai eu des idées entre temps, ou parce que les personnages ont évolué différemment.

Pour un chapitre donné, j’agis toujours selon la même méthode : j’écris son résumé en quelques points très succincts : ce qu’il s’y passe en une phrase, quel(s) personnage(s) sont impliqués, en quoi ils évoluent, et en quoi ça contribue à l’évolution globale de l’intrigue. Puis je me lance dans sa rédaction en m’appuyant sur ces points. Et je répète le process tout au long du roman.

Les personnages sont très importants, leur évolution l’est encore plus. C’est elle qui me fait parfois complètement changer l’intrigue en cours de route. Pour Grand Froid, j’ai dévié de mon idée de départ (mais c’est un secret !)

 

~ On dirait que tu vis littéralement les émotions et l’histoire de tes personnages. D’ailleurs, je trouve que Grand Froid est un roman très humain car bien qu’on ne s’attarde pas énormément sur les émotions comme beaucoup d’autres histoires, tu fais ressortir finement les détails les plus anodins et caractéristiques qui pourtant rendent tes personnages réels. Quel est ton secret pour leur donner ce réaliste poignant ? Comment arrives-tu à donner autant de force et de vie à tes personnages, à réussir à faire passer toute une psychologie alors que c’est une tâche des plus difficiles pour un auteur, par peur de trop en faire ou de ne pas faire assez ?

C’est vrai que c’est un point difficile… Pour y arriver, j’essaie de ne pas multiplier les points de vue dans un même chapitre. De m’en tenir à un personnage. Il peut bien sûr y avoir plusieurs personnages dans une même scène, mais le point de vue lui, ne change pas. Ça me permet de me « mettre » dans la peau de mon personnage et d’appréhender les évènements à sa façon. Aussi, je visualise toujours les scènes, quitte à me lever parfois pour les mimer ! lol. J’aime aussi trouver une musique, un « thème » pour chaque personnage, ça m’aide pas mal.

Quant aux émotions, j’aime les faire passer par de brèves introspections, en prenant en compte l’aspect physique et temporel, ce qui permet de bien « doser » les choses. Par exemple, dans une course-poursuite, un personnage n’aura pas la possibilité de se lancer dans de grandes introspections, son attention est centrée sur celui qu’il poursuit ou celui qui le poursuit.

 

~ Tu connais les bases d’un bon thriller et sembles connaître de nombreux termes médicaux comme pour l’autopsie. Tu nous plonges dans un décor que l’on visualise avec aisance. Je me demande si tu as vécu certaines de ces scènes ou si tu as fait de nombreuses recherches ? Si oui comment les as-tu élaborées ?

Oui, il y a des deux, du vécu et des recherches. Côté vécu, j’ai étudié l’anatomie humaine au début de mes études. J’ai commencé par médecine, il y a bien longtemps maintenant, avant de me tourner vers la pharmacologie/la recherche pharmaceutique, monde dans lequel j’ai évolué au début de ma carrière professionnelle – très loin de mon activité actuelle d’ailleurs !. J’ai une culture médicale et scientifique à la base.

Les recherches sont aussi très importantes pour renforcer la crédibilité du récit et ces phases viennent naturellement en amont d’un chapitre particulier, ou parfois plus tôt encore, quand il s’agit d’un élément central à l’intrigue. Je pense que vous comprendrez en lisant Grand Froid. 😊

 


 

~ Selon toi, Le Glas de l’innocence et Grand Froid se démarquent-ils des autres thrillers ?

C’est difficile de répondre… Pour le Glas de l’innocence, oui, car je pense qu’on voit peu de thrillers se déroulant au Japon écrits par un Français. Je pense d’ailleurs continuer sur cette lancée à l’avenir… Grand Froid, quant à lui, est un thriller plus classique, puisqu’il a lieu en France. Mais de là à dire qu’il se démarque des autres thrillers, je ne pense pas…

 

~ La plupart des auteurs tiennent à aborder des thèmes dans leurs écrits. Quels sujets semblent te tenir à cœur lorsque tu écris ? Quel message veux-tu faire passer ?

Les thèmes de la famille et des secrets me conviennent plutôt bien. J’y fais souvent référence au travers de la perte d’un proche, de la capacité des gens à mentir, etc. La vie peut basculer à n’importe quel moment et ce qui était sûr hier ne l’est peut-être plus demain…

J’aborderai d’autres thèmes comme l’amitié dans le prochain roman, que je viens de débuter.

 

Quel est le personnage que tu admires, que tu respectes le plus ?

J’aime beaucoup le personnage de Loïc Mandé dans Grand Froid. C’est un mec intègre, un fonceur, qui ne recule devant rien. Sa personnalité me correspond bien . Je pense qu’on aurait pu être potes, dans la vraie vie. 😊

 

~ C’est rare et précieux à la fois ce genre d’amis 😍. Sinon, quel est ton passage préféré de Grand Froid ?

Un passage qui a été relevé lors de la première chronique qui en a été faite, et que je vais partager ici. C’est un passage que j’apprécie tout particulièrement ☺, il est court, rythmé et visuel :

« Les cris se turent, ne laissant place qu’aux lamentations de la première personne.

Puis tout alla trop vite pour Lucas.

Les cris, qui laissèrent place à des hurlements déchirants.

L’agitation subite qui envahit la pièce d’à côté.

La même main qui l’agrippe fermement par la manche, puis par le bras.

Des tremblements.

Un loquet que l’on ferme.

Une ampoule qui claque.

Un sursaut.

Le noir.

Le vide.

La peur. »

 


~ Le Glas de l’innocence est sorti il y a quelques mois et aujourd’hui ton deuxième livre Grand Froid est édité aux Editions Nouvelles Bibliothèque. Quels retours as-tu eu pour le moment ?

Les retours sont très bons, je suis vraiment ravi et surpris ! Le Glas de l’innocence fait partie des livres les plus appréciés ce mois-ci sur Babelio. C’est dingue ! Et j’ai de nombreux commentaires positifs (et constructifs). J’hésitais vraiment à publier le Glas en premier, je pense que j’ai bien fait !😊

Grand Froid compte déjà quatre chroniques, et elles sont très prometteuses pour la suite. Je croise les doigts pour que ce roman fasse son bout de chemin et rencontre son lectorat.

Je garde une trace de tous ces retours sur mon site internet, sur la page de chaque roman, donc n’hésitez pas à y jeter un œil.

 

~ C’est supers félicitations ! Je suppose que l’envie d’écrire est d’autant plus présente. As-tu d’autres projets en vue ?

  Oui, j’ai démarré mon troisième thriller, que j’espère achever dans quelques mois. Ce sera un one-shot, avec en toile de fond le thème de l’amitié. Et j’ai aussi en tête une nouvelle enquête pour Hayato (protagoniste principal du Glas de l’innocence) et son équipe.

De quoi rendre heureux les lecteurs du Glas de l’innocence 😊. Veux-tu ajouter quelque chose pour la fin ?

Merci Feiza pour cette super interview, c’est vraiment sympa de ta part ! En espérant que ça donnera envie aux lecteurs de découvrir mes deux romans. J’espère que vous m’aiderez à donner un super départ à Grand Froid !

~ Question bonus : pourrais-tu être un serial killer ? 😏

Réponse bonus : parfois, je me demande… d’ailleurs, écrire un thriller du point de vue d’un sérial killer serait un bon exercice.

 

Un grand merci à Cyril Carrere, j’ai passé un moment très intéressant avec cet auteur talentueux et humain. J’espère que cette interview vous a plu et vous a donné envie de lire Grand Froid et le Glas de l’innocence. Si vous souhaitez être tenus au courant des projets en cours de l’auteur et d’en savoir plus sur lui, je vous invite à découvrir sa page Cyril Carrere – Auteur sur Facebook et ses réseaux :                     

 Instagram : Cyril.carrere.auteur

Site : www.cyril-carrere.com

 

Quant à nous on se retrouve très prochainement pour une chronique particulière cette fois. Je ne vous en dis pas plus 😉 . A bientôt les amours.

FeizaS

FeizaS
<p>Rédactrice et administratrice du blog.</p> <p>Passionnée de tout et de rien, mon esprit vagabonde au fil de mes lectures.</p>

One thought on “Rencontre avec, Cyril Carrere

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