Lecture Les chroniques

L’enfant du vide, par Sarah Lo Lacono

 

Bonjour les amoureux des lettres !


 

« Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment. Je ne sais pas ce qu’on devra encore sacrifier pour le garder près de nous, pour le maintenir en vie. Ce que je viens de réaliser, c’est qu’on a besoin de lui. »

 

La dystopie est un genre que j’affectionne depuis longtemps car elle dépeint et dénonce les conséquences d’une société idéaliste. Quant à la science-fiction, c’est un genre que je lis très peu.  j’ai plus l’habitude de regarder que de lire. Néanmoins, L’enfant du vide m’a tout de suite interpellée par le mystère de sa couverture et l’originalité du résumé. Les éléments sont un thème récurrent et pourtant Sarah Lo Lacono sort des sentiers battus et se distingue des autres par l’univers scientifique. Néanmoins, je suis ressortie mitigée à ma lecture.

 

« En France, 2045, une fratrie de cinq adolescents vit au jour le jour après qu’une épidémie issue d’un virus nommé « Ether » ait décimé les populations. Abandonnés, livrés à eux-mêmes, ils doivent se reconstruire et concilier avec l’étrange lien qui les relie. Caleb, le plus jeune, éprouve bien plus de difficultés : le frère martyr, honni. Celui que l’on méprise et que l’on accuse. Pour le garçon de dix-sept ans, l’avenir se profile morose.


Jusqu’à ce qu’il rencontre le docteur Léonard, un scientifique en poste dans la ville de Saïdu, capitale mondiale des sciences en tous genres. Quand cet homme rencontre Caleb, l’espoir renaît. Celui d’enfin assouvir ses projets et son besoin inextricable de reconnaissance. Les quatre éléments en sont peut-être la clé ; le verrou ?


L’enfant du vide.


Caleb.


Mais à quel prix ? »

 

Nous sommes projetés vingt-sept ans plus tard dans un monde dévasté par le virus Ether. C’est au cœur d’une cité française prénommée Saïdu, que de nombreux médecins et scientifiques se réunissent pour faire face à l’épidémie. La plupart des maisons sont désertées et à l’abandon. Uniques vestiges d’une vie antérieure.  Les jumeaux sont les seuls, assez forts, pour résister au virus. Des expériences sont alors organisées sur eux, pour comprendre ce phénomène. Les quadruplés et Caleb sont en danger. Leurs parents les abandonnent pour les protéger des recrutements. Isolés dans une vielle bâtisse au cœur de la forêt, la fratrie doit préserver le lien qui les unit.

Caleb est le cadet de la famille Galyn. Séparé de ses parents alors qu’il n’avait que 5 ans, il est un adolescent naïf qui demande à grandir. A sa naissance, Caleb est devenu le lien qui l’unit à ses frères et sœurs. S’il souffre sa fraterie en pâti. Ces derniers voient le lien comme une malédiction. Les quadruplés le méprisent et le rendent responsable de cette prison. Pourtant, l’enfant du vide leur est nécessaire voire vital. Pour se libérer de leur courroux, Caleb est prêt à tout pour briser le lien qui les unit même si cela doit leur coûter la vie. C’est le scientifique irlandais Léonard, qui l’aidera dans son oeuvre. A la fois ingénu et intrépide, Caleb est l’élément indomptable, l’enfant du vide.

Les quadruplés, quant à eux, sont les quatre éléments qui gravitent autour de Caleb, du vide.

Marius est l’eau. Considéré comme l’aîné de sa fratrie, il est l’élément calme et imperturbable qui unit ceux qui l’entoure. Son altruisme, lui permet de prendre les décisions de manière réfléchie. Il est celui qui est le plus proche de Caleb. Alizée est l’air. Fougueuse et impulsive, elle est l’élément désirant retrouver sa liberté. Pour cela, elle souhaite plus que les autres la mort de son frère cadet, et avec lui la disparition du lien. A première vue détestable, Alizée s’avère être un personnage bien plus nuancé. Aiden est lui le feu. Hargneux et audacieux il n’aime pas qu’on lui résiste et qu’on lui impose. Il est celui qui est le plus touché par le lien qu’il a avec Caleb. Pour quelles raisons ? Enfin, Dimitri est la terre. Manipulateur et solitaire, il ne craint pas les épreuves et fait preuve d’une grande patience et détermination. Il n’hésite pas à subvenir aux besoins de sa fratrie. Très mystérieux, Dimitri est un personnage énigmatique qui vous réserve bien des surprises.

 

Le récit, à plusieurs points de vue, nous plonge dans la peau des personnages. On ressent et vit les révélations en même temps qu’eux. Chaque chapitre nous donne l’occasion de les découvrir sous un nouvel oeil . Malgré les épreuves, cette fratrie a su mettre à profit le lien qui les unit. Au fil de l’intrigue, nous pouvons les voir grandir et apprendre à s’aimer. Un point qui a su me toucher. Parmi les différents points de vue, nous retrouvons également celui du scientifique Léonard et du docteur Brown pour nous donner l’envers du décor.

 

Sarah aime l’action et s’attarde peu sur les introspections. Sa plume est fluide et rythmée par des phrases courtes qui donne une certaine mesure au récit. Les chapitres défilent rapidement ce qui donne un petit côté addictif à la lecture.

 

L’auteure soulève de nombreuses questions sur les principes d’éthique et de morale. Tout d’abord, la science a-t-elle des limites ? Peut-on tout justifier au nom de la vérité ? Doit-on sacrifier notre morale pour la survie du plus grand nombre ? La morale et l’éthique sont-elles des freins aux avancées scientifiques ? L’homme a tendance à opposer éthique et science car l’un s’intéresse aux valeurs de l’action tandis que l’autre privilégie la finalité. Mais ne pouvons-nous pas allier les deux ? Beaucoup d’autres questions restent en suspens mais qui je l’espère trouveront des réponses dans les prochains tomes.

En attendant, l’auteure a attisé ma curiosité. En faisant des recherches, j’ai pu constater que le nom du virus Ether n’avait pas été choisi par hasard. Ether signifie en effet, dans le jargon scientifique, celui qui permet de fournir ou de transmettre les effets entre les corps. Ether serait-elle alors la force qui permet au lien de graviter entre les éléments ?

 

Mais bien que la philosophie de l’histoire soit intéressante, j’ai été assez déçue par quelques aspects, qui selon moi sont à revoir. Dans sa globalité, le roman donne l’impression d’être constamment dans une course poursuite où actions et révélations se suivent sans vraiment se développer. L’auteure a souhaité par style privilégier l’action à la psychologie. Cependant, certaines scènes se sont enchaînées bien trop vites et ont perdu leur intérêt dans le fil de l’intrigue. Ensuite, j’ai trouvé difficile à suivre et à comprendre l’évolution du personnage de Caleb. Une fois calme et innocent, il devient dans l’heure suivante colérique et téméraire. Sarah a souhaité montrer toute l’ambiguïté du personnage mais au lieu de ça, j’y ai trouvé une confusion et une incohérence dans ses sentiments. Il aurait sans doute fallu développer un peu plus le quotidien de la vie de Caleb et de sa famille pour comprendre les différentes relations des unes et des autres.  Enfin, je regrette le peu de descriptions sur les différents lieux. J’aurais aimé être davantage plongée dans l’univers atypique de Saïdu. Mais l’auteure fait l’aveu d’une suite bien plus développée.

 

Le roman se clôture sur une fin équivoque, remplie d’interrogations. Mais rien de mieux qu’un peu de sadisme pour nous tenir en haleine jusqu’au prochain tome.

 

Malgré un avis en demi-teinte, L’enfant du vide reste une histoire originale et prometteuse qui est à suivre de près.

 

Je remercie l’auteure Sarah Lo Lacono pour la confiance et l’envoi de ce service presse.

 

Quant à nous on se retrouve bientôt pour d’autres découvertes littéraires.

FeizaS

 

 

FeizaS
<p>Rédactrice et administratrice du blog.</p> <p>Passionnée de tout et de rien, mon esprit vagabonde au fil de mes lectures.</p>

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