Des réflexions littéraires

#La romance en question. Episode un : Les raisons d’un succès…

Bonjour !

Aujourd’hui, Désir de rêveur et moi-même (RClem) vous retrouvons pour une série d’articles ! Cette dernière s’intéresse à la romance… Eh oui ! Ces écrits sont décriés, moqués par beaucoup, pourtant les romans sentimentaux restent le genre le plus vendeur en France (et ailleurs). Nous nous sommes donc interrogés sur ce phénomène qu’est la romance. 

Chaque petit article de cette série répondra à une question ou interrogera un aspect de la littérature sentimentale.

Bonne lecture !


*Avant de commencer à questionner les points litigieux de la romance, il convient de comprendre ce qu’est la romance !

Une petite définition pour commencer n’a jamais fait de mal…

C’est vrai ! Après tout, ce genre porte tous les noms ! Entre les New Romance, les romances modernes, les chick-lit, les bit-lit, les New Adult… il y a de quoi s’y perdre ! Finalement, de quoi parle-t-on quand on emploie le mot « romance » ?

Monsieur Larousse nous définit le récit sentimental par « un roman qui sollicite à l’excès la sensibilité et la compassion par une vision subjective du sujet, fondée sur l’analyse des sentiments »*, quand l’association Romance Writers of America définit les romances par des écrits basés sur des histoires d’amour, où les deux personnages principaux luttent pour faire fonctionner leur couple.

En bref et sans décodeur, les romans sentimentaux traitent du sentiment amoureux, et mettent en scène des amoureux transit en lutte, l’objectif étant d’émouvoir le lectorat.

Un genre qui existe depuis des décennies…

Figurez-vous que la romance n’est pas née au XXIe siècle suite aux phénomènes Bridget Jones ou encore After !

L’histoire des romans sentimentaux commence… depuis la nuit des temps ! Les grands poètes antiques écrivaient déjà des pièces tragiques mêlant voyages épiques, et sentiments amoureux.

Néanmoins, cette littérature sentimentale s’est développée au XXe siècle avec l’arrivée de la presse féminine, des romans feuilletons et surtout l’installation des éditions Harlequin en France ! Avec elles, la production en séries s’est démocratisée et les maisons d’édition se sont mises à suivre le pas. Enfin, c’est avec l’arrivée de la Chick-lit et notamment de l’héroïne gaffeuse Bridget Jones, que le genre explose, grandit, s’exporte et se multiplie sous différents aspects et sous-genres. Les best-sellers comme After, Beautiful Bastard, Marked Men… n’ont fait qu’enrichir le phénomène et l’ont mondialisé. 

Mais un genre largement contesté…

Ce genre se vend bien, voire même très bien. Il représente environ 13% des ventes totales de livres, en France, en 2013. Mais, il reste méprisé et critiqué par un grand nombre. Mais, pourquoi ?

Les critiques se ressemblent. Les romans sentimentaux sont affiliés à une littérature mineure qui préfère le divertissement à l’instruction. Cette dernière offrirait une vision déformée et idéalisée de l’amour. Par ailleurs, ces histoires seraient synonymes de mauvaise qualité, et elles obéiraient à des schémas types avec des formules prémâchées. De quoi en rebuter plus d’un à y croire… 


*Mais alors, en quoi ce genre méprisé peut-il plaire ? 

Une écriture chargée en émotions

L’une des choses les plus appréciées dans ce genre est les émotions détenues par ces écrits. L’un de ces sentiments est le rire.
L’humour explique majoritairement pourquoi la romance moderne est appréciée et aimée ! Il est principalement présent dans les feel-good ou encore la chick-lit. Ces dernières sont les reines de la légèreté. En plus de l’emploi du « je », les narratrices utilisent souvent un ton décalé, des métaphores et des images absurdes, ce qui fait rire le lectorat. Pour renforcer cette atmosphère, les héroïnes se retrouvent dans des situations loufoques. 

Mais le rire n’est pas la seule force du genre ! A contrario, le drame contribue à son succès.  C’est un pilier de la Dark Romance²,  tout en étant aussi présent dans d’autres sous-genres du style. La dramaturgie est essentielle à la romance moderne puisqu’elle apporte du piment aux œuvres. Sans  oublier que découvrir un personnage triste ou pris dans un torrent de péripéties tragiques peut faire naître de l’empathie chez le lecteur.
En résumé, la romance regroupe bon nombre d’émotions (tristesse, joie, amour, désir, érotisme…). 

Par ailleurs, ces émotions sont transmises en direct. Ici, il n’est pas question de phrases remplies de longueur, de périphrases… Non, les auteurs utilisent des phrases chocs, provocantes, percutantes. Les charges émotives se déversent en simplicité et en instantané. Sans que l’on nous prévienne, nous nous retrouvons à vibrer en même temps que les personnages. Nous ressentons leurs peines, leurs joies, leurs erreurs, leurs réussites. Toutes ces émotions brutes favorisent l’attachement et la proximité du lecteur.

 

La proximité

Une autre raison du succès de la littérature sentimentale est la proximité entre le texte et son lectorat. L’emploi de la première personne nous plonge directement dans le récit et nous rapproche des protagonistes.
De plus, les histoires se déroulent pour la plupart dans des univers proches de ceux des lecteurs. Certaines des héroïnes ou héros sont proches de nous, ne serait-ce que, par la classe sociale ou leurs comportements.  
Par ailleurs, les thèmes abordés renforcent cette proximité. Beaucoup d’histoires exploitent des sujets quotidiens : le monde de l’entreprise, la vie de famille, l’infidélité, le divorce, l’amour à distance… et j’en passe !

En outre, le genre s’adresse davantage à un public féminin. Les femmes peuvent s’identifier et prendre pour modèle les héroïnes (qui sont des femmes fortes, des travailleuses, des mères, des filles fragiles etc.).
Elles sont aussi un bon « contre-exemple ». En effet, les lectrices peuvent apprendre de leurs erreurs. Beaucoup de protagonistes peuvent énerver le lectorat de part leur naïveté, leurs bêtises, ou leur entêtement. 

Enfin, il est toujours plus facile de se reconnaître dans des héroïnes imparfaites, plutôt que dans des filles parfaites à qui il arrive tous les malheurs du monde. Bien que ce cliché de la femme épanouie sur tous les plans perdure dans la romance, il a tendance à se perdre. Les auteurs nous présentent de plus en plus des femmes entreprenantes. De réelles héroïnes faisant l’histoire et non la subissant. Elles ont tendance à provoquer leur chance plutôt que de l’attendre, ou à se mettre dans le pétrin toute seule.


En résumé, la romance moderne décrit des situations vécues par nous autres. Elle présente aussi des femmes indépendantes et déterminées, créant ainsi un sentiment d’attachement, de proximité, ainsi qu’une forte empathie pour les lectrices. Toutefois, la clé de voûte de la romance reste bien évidement le romantisme.


Le romantisme

Les romances marchent parce qu’elles développent un thème universel : l’amour. Qui n’a jamais ressenti cette petite étincelle au creux de son ventre à l’approche d’un individu qui nous plaisait ? L’amour parle à tous, même aux plus réfractaires. Les romans d’amour sont là pour nous faire voyager, mais surtout pour nous faire rêver. Le chevalier sur son beau cheval blanc n’est pas toujours au rendez-vous, il peut prendre des airs de méchants ou peut se transformer en une femme sublime. Tous les scénarios sont possibles. D’un sujet universel, les auteurs se l’approprient pour le rendre personnel, plus… authentique. Quoi que l’on puisse dire, chaque histoire est différente. Chaque personnage rend cet amour unique.

Ce qui est beau aussi avec les romances, c’est qu’elles traitent de tous les amours. Il peut être question d’amour fraternel, d’amour amical ou d’autres types d’amour. Les romans sentimentaux remettent en perspective les liens entre les Hommes. Ils interrogent la valeur même de l’homme, qu’est d’aimer et du besoin d’être aimé. Sous tous ces différents rapports et formes.

Ce sentiment universel peut nous rappeler notre propre passé, nos propres expériences, et ainsi déclencher chez nous un profond sentiment de nostalgie. Par conséquent, le secret de ce succès repose sur le plus beau des sentiments : l’amour.

 

Une p’tite conclusion pour la route

Les romans sentimentaux tout comme l’amour existent depuis la nuit des temps. Son succès est hérité de son histoire mais aussi de plusieurs faits. La romance charme le public de part sa proximité, les sujets développés et les nombreuses émotions diffusées.

Il y a pourtant un public qui reste réfractaires à la romance : les hommes. Mais pourquoi donc ? La suite au prochain épisode !

 

Ce sera tout pour nous ! Nous espérons que cet article vous a plu !

 A très bientôt !

 

Désir de rêveur.

RClem.

 


Sources :

*Dictionnaire Larousse, « Roman sentimental » : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/sentimental/72140/locution?q=roman+sentimental#183943

² »La «Romance Noire» s’inscrit dans un mouvement de sous-catégories de romances dites taboues, de celles qui transgressent la morale ou la loi. » Les Romantiques : www.lesromantiques.com/?a=315/La-Dark-Romance

Desir De Reveur
<p><em>Rédacteur et squatteur du blog à le petite semaine.<br /> </em></p>
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