Ecriture Les interviews d'éditeurs

Les coulisses des Editions Plume Blanche

Bonjours à tous ! On se retrouve pour une nouvelle interview d’une maison d’édition : il s’agit de Plume Blanche. Cette maison d’éditions m’a beaucoup plu à travers sa sincérité, sa simplicité et sa volonté.   Mais qui de mieux pour vous en parler que la fondatrice  elle-même. Je vous laisse entre les mains de Marion Barril.


 

∼ Bonjour alors pouvez-vous tout d’abord vous présenter ? 

« J’appelle Marion Barril, je suis l’éditrice et la gérante des éditions Plume Blanche. J’ai créé cette maison d’édition en janvier 2015, spécialisée en littérature de l’imaginaire : fantasy, fantastique, science-fiction dans laquelle je ne publie que des textes coup de coeur. »

∼ Avez-vous toujours été éditrice ? 

« J’ai créé la maison d’édition pendant mes études en métiers du livre, donc oui. 

J’ai fais deux années de licence de droit, puis je suis entrée en IUT métiers du livre spé édition et librairie, puis licence pro édition en alternance aux editions WEKA. En parallèle, j’ai fais de nombreux stages : Geste Editions, Milan… j’ai travaillé pour Hachette également et j’ai rencontré beaucoup d’éditeurs ce qui parfait mes connaissances. J’apprends tous les jours grâce à eux. »

∼ En tant qu’éditeur qu’est-ce qui vous anime et vous donne envie de continuer malgré les difficultés ?

 » J’ai toujours aimé lire, les livres, les beaux livres, rencontrer des auteurs et là… je fais un métier passion. Je pense que tout le monde dans sa vie rêve de pouvoir conjuguer sa passion et son travail :).

C’est moins pénible de se lever le matin pour ça, même si, concrètement, gérer son entreprise, c’est clairement un travail où il ne faut pas compter ses heures car personne ne fera le travail à notre place 🙂 »

Racontez-nous un moment marquant, une anecdote dans votre parcours d’éditeur.

« Je crois que l’un des moments le plus marquant ça a été le premier salon du livre que j’ai fais avec la maison d’édition : c’était la première fois que les romans étaient présentés au public (il y en avait deux à l’époque !) et c’était à la fois un moment très excitant et très stressant :).

C’était un petit salon qui n’existe plus aujourd’hui : le salon du livre de Poitiers, c’était au mois de juin. La maison d’édition ouvrait officiellement ses portes en septembre et les deux romans étaient là en avant-première.

Finalement, ça s’est passé à merveille. »

 

∼ Parlez-nous de l’histoire de la maison d’édition. D’où vous est venue l’idée de créer Editions Plume Blanche ? Quelles étaient vos envies et vos motivations ? Pourquoi ce nom ?

« J’étais publiée dans une autre maison d’édition en tant qu’auteure, maison d’édition dans laquelle ça ne passait pas super bien et j’en ai eu marre de voir à quel point les romans des auteurs étaient bâclés et non soignés… alors j’ai décidé de créer ma maison d’édition :).  »

Pourquoi Plume Blanche ? A vrai dire, c’est surtout parce que j’ai trouvé que ça se déclinait bien en collection : plume azur pour la jeunesse, plume d’argent = Young Adult, plume noire = collection pour un public averti.

∼Si je comprends biens les différentes collections sont définies selon les âges ? 

« Oui, les collections ne sont là que pour « ranger en classe d’âge » en quelque sorte ! »

∼C’est sympa toute la famille peut se munir d’un livre chez Plume Blanche. L’esprit familial compte beaucoup pour vous ? Fait-il partie de votre maxime ?

« Je pense que la maison d’édition c’est un peu comme une petite famille 🙂 je veux que mes auteurs y soient bien, en confiance et je pense que ça marche aussi quand on arrive à faire rentrer les lecteurs dans cette bulle-là :).

La devise, disons le slogan de la maison d’édition : « Parce que lire est le plus beau des voyages » 😉 et le but c’est de parvenir à faire voyager le lecteur à l’aide de chaque roman qu’il ouvrira ;). »

∼ Qui travaille dans les coulisses ?

« Je travaille toute seule.
Mon mari m’aide à porter les cartons pour les salons du livre et à coder les ebooks afin de les rendre propres, ensuite, je travaille avec des illustrateurs et des correcteurs en externe qui sont rémunérés au contrat.

Il vaut mieux que ce ne soit pas moi qui fasse le dessin des couvertures des romans ;). »

 

∼ Vous nous avez parlé de votre ligne éditoriale et du public ciblé précédemment. J’aimerais savoir comment vous sélectionnez les romans qui seront édités. Quels sont vos critères de sélection ? Que doivent-ils avoir en plus ? Qu’est-ce qui est au contraire rédhibitoire ? 

« C’est du coup de cœur. Le choix est très subjectif, mais je ne publie que peu de titres (jusqu’en 2018, c’était six par an, soit un tous les deux mois) et maintenant c’est un par mois, mais je tiens vraiment à ne publier que des coups de cœur, des romans que je pourrais défendre, des romans auxquels je crois.

Ce qui est rédhibitoire, c’est un livre bourré de fautes, une histoire sans originalité, un style qui n’est pas prenant et puis parfois un livre peut être bien et l’alchimie peut ne pas se faire (cela arrive à tout le monde d’avoir des amis qui conseillent un bouquin qu’ils trouvent top et au final, quand on le lit, bah ça n’accroche pas)… un peu comme une histoire d’amour :). »

∼Et donc permettre à chaque auteur d’êre lus et de trouver son public finalement ?

« Oui, je pense que publier trop de romans, c’est le meilleur moyen pour que le livre passe inaperçu en fait. »

∼ Vous faites beaucoup de salons pour que chaque auteur puisse avoir sa visibilité ?

« On fait autant de salons que possible, de gros salons, il n’y a pas forcément d’intérêt à faire 3 heures de route et à faire déplacer les auteurs pour un petit salon dans une commune minuscule où il n’y aura qu’une faible fréquentation… Là, nous allons pour les deux mois à venir à Bruxelles, Atrabetia, Paris. »

∼ En plus des salons, comment se passe la promotion du livre une fois terminé ?

« C’est de l’auto diffusion-distribution. Les romans sont commandables dans n’importe quelle librairie, mais ils ne sont pas en rayon.

La promotion se fait uniquement par les réseaux et les salons.

En numérique le distributeur est Primento. En papier je n’en ai pas, pas de diffuseur, pas de distributeur, c’est moi qui expédie toutes les commandes. »

 

∼ Si je ne dis pas de bêtises j’ai pu voir que Plume Blanche a été sollicité aussi de l’autre côté de l’Atlantique et notamment au Canada. Pouvez-vous nous en dire plus ?

« Oui, les Editions ADA ont racheté certains de nos titres afin de pouvoir les publier chez eux 🙂 ce qui est un grand pas pour une petite structure comme la mienne. Récemment un contrat a également été signé pour la Saga Le Porteur de Mort avec Audible qui souhaite créer une version audio de la série et nous avons aussi eu la chance de signer un contrat avec France Loisirs pour la saga : Les Oubliés qui a très très bien fonctionné chez eux. »

~ Vous êtes plébiscité c’est un gage de reconnaissance pour la maison d’édition. Félicitations ! Quelle a été votre réaction concernant ce rachat ? Qu’avez-vous ressenti ?

« Beaucoup de joie et de satisfaction parce que c’est quand même l’accomplissement de plusieurs longs mois de travail ! :). »

~ Quelles relations entretenez vous avec ces « partenaires » ?

« De très bonnes relations 🙂 que ce soit avec les partenaires, avec les auteurs (c’est un travail d’équipe donc il vaut mieux bien s’entendre, même si c’est aussi normal d’avoir davantage d’affinités avec certains plutôt qu’avec d’autres, comme dans toute entreprise 🙂 ). »

 

~ En ce moment beaucoup d’auteurs ont peur de choisir l’édition et tentent l’aventure de l’autoédition Un grand nombre aimerait vivre de leur métier. Quelles sont les remédiations proposées par les Éditions Plume Blanche pour faire face à cette inquiétude ?

« Je suis assez transparente dans mon fonctionnement et je pense que ça, ça rassure les auteurs. Quand ils ont des doutes, un souci, ils peuvent m’appeler, on en discute… je pense que si les maisons d’édition jouaient ce jeu là déjà, ne serait-ce qu’en payant les auteurs pour leur travail, sans retard, en étant très carré, ça irait mieux ! Après il ne faut pas rêver : en autoédition ou auteur publié… il y en a bien bien peu qui vivent de leur travail, il vaut mieux écrire en passionné et voir avec le temps comment cela évolue. »

∼ En quoi Editions Plume Blanche se démarquent-elles des autres maisons d’édition ?

 » J’avoue que je ne sais pas quoi répondre ^^.

Je sais ce que c’est que d’être auteure, de mettre ses espoirs entre les mains d’un éditeur et à un moment quand on signe un contrat d’édition, on s’engage en tant qu’auteur certes, mais quand on est éditeur on s’engage également ! Les promesses ne sont pas unilatérales et j’ai l’impression que beaucoup ont tendance à l’oublier. »

∼ C’est à la fois un contrat éditorial et un contrat de confiance. Je suis d’accord. Que prévoyez-vous pour la suite ? Quels sont les projets pour l’année 2019 ?

« J’aimerais que la maison d’édition puisse gagner en notoriété, toucher davantage de lecteurs, faire en sorte que mes auteurs se fassent remarquer avec leurs bouquins ! 🙂  »

~ Quelles sont vos prochaines sorties ? 

Les sorties les plus proches sont : Seirens le 5 février prochain (du coup là c’est déjà publié actuellement), puis Semblables, T1 le 5 mars et Blood Witch le 2 avril, un roman qui, je pense, va beaucoup plaire :).

Blood Witch c’est un roman dont la thématique : vampire/sorcière/loup-garou est en soit assez « classique », mais il est très rafraîchissant au niveau de l’humour, du caractère pourri et des blagues pas drôles de l’héroïne. C’est un bouquin que j’ai pris beaucoup de plaisir à publier. »

∼ Un dernier mot pour la fin ?

 « Merci d’être là, de nous lire, de nous soutenir parce que si Plume Blanche existe, c’est grâce à vous, lecteurs ! 🙂 Merci aussi au blog. »

 

Merci aux Éditions Plume Blanche pour le temps accordé et pour leur spontanéité !

 

À bientôt pour d’autres coulisses les amoureux des lettres 🌎

 

FeizaS.

FeizaS
<p>Rédactrice et administratrice du blog.</p> <p>Passionnée de tout et de rien, mon esprit vagabonde au fil de mes lectures.</p>

2 thoughts on “Les coulisses des Editions Plume Blanche

  1. encore une fois, une interview passionnante ! Je prends vraiment plaisir à découvrir les motivations et la passion de ces gens-là ♥

    1. Pour être honnête moi aussi haha ce sont des gens passionnés et ça rend la découverte d’autant plus intéressante (Sans me lancer des fleurs ^^) ❤

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