Des réflexions littéraires

#Réflexions littéraires : les clichés

Bonsoir les amoureux des lettres, c’est squatteur san au stylo et aujourd’hui nous nous retrouvons pour un article de réflexions littéraires.  Petit aparté pour ceux qui ont l’habitude de me lire, je vais essayer d’alterner les articles de critiques et de réflexions littéraires ou conseils d’écriture.  Normalement une semaine ce sera une chronique et l’autre un article conseils ou réflexions. Je ne compte pas la série sur la romance que j’écris en collaboration avec RClem, les articles sortiront quand ils sortiront . D’ailleurs, vous pouvez aller découvrir le premier épisode.
Fin de l’aparté, repassons au sujet du jour : les clichés.

Quand les clichés deviennent des classiques

Les clichés sont omniprésents dans la littérature, si bien qu’ils deviennent bien souvent des codes d’écriture. Par codes d’écriture, j’entends les schémas ou styles narratifs si souvent utilisés qu’ils deviennent l’identité d’un genre. Un bien connu est celui du mauvais garçon et de la gentille fille dans la romance, qui est presque devenue un incontournable du registre. Mais ce stéréotype est aussi très présent dans des livres d’autres genres, vous pouvez retrouver cette relation dès qu’il y a un héro masculin et féminin. Cette astuce narratif est aussi assez utilisé dans les films et les séries.
Pour parler d’un autre type de généralités propre à un genre, il y a le principe de la prophétie dans les récits fantastiques. C’est le schéma  narratif du garçon ou de la fille destiné à de grandes choses. Ce ou cette dernière est en lien direct avec une ancienne prophétie, et celui ou celle-ci va voir du jour au lendemain sa vie bouleverser.

Mais ces images communes ne deviennent pas des codes sans raison . Les clichés sont souvent la répétions d’une mode par exemple une histoire de S.M commence à bien se vendre. Les fans du livres, les passionnés de ce style ou d’autres opportunistes vont commencer à écrire dans ce domaine. Bien souvent en recopiant ou en s’inspirant de certains passages de l’oeuvre qui a rencontré  un succès.
Parfois ce stéréotype est le reflet d’un phénomène sociale.  Par exemple dans le cas de la gentille fille et du mauvais garçon, ce code témoigne peut être de l’amour que peuvent avoir certaines femmes pour les bads boys.
Cependant, le fait que ces clichés soient parfois des classiques de la littératures et qu’ils soient souvent des reflets de nos rêves ou désirs, ne les empêchent pas d’être prévisibles et lassants.

Quand les clichés ne peuvent être évités

Les stéréotypes continuent de se multiplier bien qu’il y ait des récits originaux ou qui prennent à contre-pied les clichés ou les rendent absurdes. Les généralités sont encore très présentes, très demandées et attendues notamment par les lecteurs. Par exemple, les scènes érotiques dans la romance moderne qui sont devenues des automatismes du registre. Elles ne sont pas forcément stéréotypées mais  elles sont très présentes , même dans des livres qui ne sont pas présentés comme des livres érotiques. 
Pour appuyer mon exemple je vais l’illustrer un peu. Prenons un auteur. Appelons le B.  B  a lu beaucoup de romances et a envie d’en écrire une. B n’est pas doué pour écrire les scènes érotiques et ne les juge pas toujours pertinent de les montrées, il préfère les supposés. Mais ses lecteurs R, M et J n’apprécient pas qu’il coupe ces scènes. Ils sont habitués à lire des romances avec  des scènes érotiques explicites. Ils apprécient son histoire malgré tout et ne cessent de lui demander que ces scènes soient détaillées. B finit par céder et retranscrire des scènes érotiques.
Par cette anecdote, je veux dire que les codes sont là, d’une part, parce qu’il y a un lectorat qui a ses petites habitudes et qui est un peu réactionnaire. Ils demandent du changement mais n’aiment pas quand leur routine est bouleversée.
D’autre part nous reproduisons ce nous lisons, de façon consciente ou non. Certes, la forme et le style changent mais nous réutilisons souvent les mêmes bases et réinterprétons souvent les mêmes stéréotypes.  Pourtant, je n’ai rien contre la réinterprétations des clichés, bien au contraire je trouve que c’est une bonne chose.

Quand les clichés sont détournés 

Vous savez l’originalité est chose rare. Surtout à une époque ou tant d’histoires ont déjà été écrites. Quand nous écrivons, bien que nous créons quelque chose de nouveau, nous n’inventons rien, c’est un fait. L’originalité et la nouveauté se situent plutôt dans les petits changements  que subissent un genre.
Parfois, un registre est bouleversé en prenant tout simplement un autre point de vue.
Pour expliquer mon propos, je vais prendre un exemple hors du monde littéraire, le film Wonder Woman. Ce film, dans ses grandes lignes, reste un film de super héros « classiques ». Pourtant, il change de part son point vue, parce qu’il ose traiter la femme comme une héroïne lambda et forte. Plutôt que de la réduire à ses attributs sexuels ou la rendre trop niaise.  Comme dans le film super girl (1984) qui  nous présente une héroïne assez niaise n’utilisant jamais ses poings pour se battre. Ou encore le film catwoman (2004) qui nous montre une protagoniste principale très attrayante, à la limite du vulgaire quand elle porte son costume.
 Le traitement accordait à Wonder Woman est en partie dû au fait que le film soit réalisé par une femme.
Oui la question du sexe  de l’auteur d’une oeuvre n’est pas primordiale mais explique un peu les changements que peuvent subir un genre. Je peux par exemple supposer que la romance moderne subirait quelques modifications de style pour les personnages féminins et masculins, si plus d’hommes en écrivaient. Je ne veux pas dire par là que le traitement serait meilleur ou moins stéréotypé mais juste différent.

Ensuite, il y a d’autres moyens pour éviter les banalités. Par exemple, prendre le contre-pied de ce que vous vouliez écrire. Pour imager mon propos, je vais reparler du cliché de la belle et du badboy. Vous pouvez inverser les codes pour construire une mauvaise fille et un gentil garçon, ce qui n’est pas si rare mais encore peu utilisé.
Pour ce qui est d’adopter d’un autre angle, je vais l’imaginer avec l’exemple de la prophétie. Vous pourriez parler d’un garçon qui a entendu parler d’une prophétie et qui n’a rien avoir avec cette dernière. Mais, il va tout faire pour devenir l’élu. Il ira donc chercher l’aventure plutôt que se faire emporter par les événements.
Un autre méthode est aussi l’absurde ou la parodie. Le principe est d’assumer que son récit est cliché et le pousser à l’extrême, pour en rire. C’est un fait qui se discute mais l’humour est une façon de combattre les stéréotypes.
En bref, un petit conseil avant de conclure, ne faîtes pas l’erreur de faire original pour faire original. Ecrivez avant tout ce qui vous plaît et ce que vous aimez  écrire. Même si votre idée de base peut paraître clichée, c’est la façon dont vous développerez  votre idée qui lui donnera une identité propre.

Quand vient la conclusion 

En conclusion, les images communes ne s’effaceront pas du jour au lendemain  De toute façon, briser des clichés ancrés, c’est souvent en créer d’autres peut-être moins niais, moins catégoriques mais clichés tout de même. Enfin, je ne dis pas que l’originalité n’existe pas dans l’écriture ou qu’il y aura pas de grande révolution littéraire, juste que les grands bouleversements commencent par des petits changements.


Désir de rêveur 

Desir De Reveur
<p><em>Rédacteur et squatteur du blog à le petite semaine.<br /> </em></p>
https://www.youtube.com/channel/UC62XcZ3cjRremftRy5FP4iQ

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